Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 12:10


ADOPTION D'UN BUFFALO POUR LA RESERVE DE PINE RIDGE

Ce projet fait suite à la venue d'Henry RED CLOUD en 2005 (voir reportage : http://boutiquetribucalumet.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1363252)

L'idée m'est venue de récolter des fonds pour ce projet. Nous avons donc donné 500$ à Alfred RED CLOUD lors de son passage à Paris en 2007
(voir reportage : http://boutiquetribucalumet.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1684439)

500 € ont été versé par mes deux fils Lionel (24 ans) et Loïc (22 ans). Ils voulaient faire une bonne action et aider les peuples autochtones. Le reste de la somme servira pour d'autres projets des premières nations.


le 30 septembre 2007 a été acheté un buffalo yearling pour la réserve.

 

 

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Par Patricia - Publié dans : Nos projets réalisés
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 02:12
 

 

Le CSIA fête ses 30 ans de solidarité
Logo CSIA
Journée Internationale de Solidarité
Des Peuples Indiens
Des Amériques

Le 11 octobre 2008

Et bien oui, nous revoilà, encore une année de passée, et cette fois ci, nous fêtons un anniversaire celui des 30 années de lutte, de soutien du CSIA pour les premières nations. Des réussites, des progrès, mais malheureusement encore beaucoup trop d’exactions en Amérique du Sud, toujours les mêmes questions, les mêmes combats….Est ce que l’homme va grandir et évoluer ?…….j’imagine déjà quelques gloussements  ! ! ! ! !

 

Beaucoup de monde, une très belle exposition de photos, des intervenants ô combien intéressants, un groupe musical, l’indispensable buvette pour une telle journée, des stands, à mon goût cependant, pas assez représentatifs.

 

Mais sans plus attendre, laissons nous guider  ! ! ! ! !
Patricia 

 


Edith (Présidente du CSIA)


Bonjour à vous tous
et merci d'être ici 

Le fil conducteur de cette soirée, et les grands thèmes récurrents aujourd’hui, que l’on ne peut éviter, sont les questions du génocide, de l’ethnocide, et pour les communautés autochtones, c’est évidemment la question de la souveraineté, de l’auto détermination des terres et territoires et des ressources naturelles.

 

Il faut essayer de se représenter cette Amérique et au delà, cette planète, cette Terre Mère comme disent les Autochtones, qui est ponctuée de foyers de résistance, représentant environ plus de 350 millions d’autochtones dans le monde suivant les chiffres des nations unies. Ils n’ont jamais cessé de lutter, constamment victimes d’assassinats, en permanence criminalisés, et sur tous les fronts, en même temps dans leur communauté à défendre leur famille, dans les institutions et dans les forums à essayer de faire entendre leur voix.

 

Mais cette journée est aussi une fête, pour nous, pour vous et tout ceux qui sont là, malgré les nouvelles souvent difficiles, parce que les gens viennent à la rencontre, à notre rencontre, non pas pour prendre et Accaparer, mais pour apporter quelque chose et partager.

 

 


         Sylvain Duez-Alesandrini représentant officiel en France
du Groupe de Soutien à Leonard Peltier (LPSG).


Pour briser les mythes réducteurs et porter la voix des communautés indiennes en Europe et à travers le monde, des comités se sont créés. En France, ce fut d’abord le comité de soutien aux indiens des Amériques, puis suite à un changement de nom, il devint le " Comité de solidarité avec les indiens des Amériques "

En Suisse, existe encore une autre association "incomindios " toujours très active, En Amérique....

 

Une des demandes proposée par les délégués indiens, consistait à célébrer chaque année une journée internationale de solidarité avec les peuples indiens des Amériques, en souhaitant qu’elle ait lieu vers le 12 octobre, en opposition avec le " colombus day " aux Etats Unis, jour de Christophe Colomb, fête perçue comme raciste par les communautés indiennes et afro américaines. En Amérique latine et dans de nombreux pays, on nomme cette journée " jour de la race ", une ode aux conquêtes et aux conquistadors.

 

Fidèle à son engagement, le CSIA s’est attelé à la tache, et organise désormais cette journée depuis 1981, chaque année, autour du samedi le plus proche du 12 octobre, invitant des délégués afin que le public français, les militants, puissent les rencontrer et développer ces liens de solidarité.

Je suis très honoré de laisser maintenant la parole à Edith.

Edith est présidente de l’association. J’y ai adhéré moi même en découvrant les livres qu’elle a écrit après 1977, et tout le travail de son comité. Je remercie également toutes les personnes qui ont donné du temps et de l’énergie pour que les droits des populations autochtones avancent dans le monde. Nous avons fait tous ensemble un pas en avant, depuis l’adoption, il y a un an, de la déclaration des droits des peuples autochtones aux nations unies….. j’en suis très heureux, et cela doit nous encourager à continuer nos actions !

J’ai envie de revenir sur la fin des années 70, et particulièrement en 77, où certains d’entres nous ont eu la chance d’être à Genève en même temps que ces délégations amérindiennes, ces délégations autochtones, toutes générations confondues, jeunes et anciens, qui sont venues en vêtements traditionnels, notamment une femme, Winona LA DUKE, notre invitée au début des années 80, puis en 2001, et qui a l’époque avait 17 ans. Elle avait été chargée par le conseil international des traités, de porter le dossier sur la défense des ressources naturelles, il y avait aussi à l’époque un Délégué des Anciens de la nation Hopi David MONONGYE et Thomas BANYACA leader spirituel Hopi, les leaders de l’AIM (American Indian Movment) des gens qui ont résisté, dont certains résistent toujours ! c’était vraiment une vision extraordinaire, cela faisait déjà des décennies que les résistants indiens essayaient de percer le mur du silence, pour enfin acquérir l’exposition qui leur permettrait de faire avancer leur lutte pour les droits souverains et à l’auto détermination. Toutes ces délégations avaient reçues mandat des anciens et des chefs traditionnels des diverses communautés . D’une certaine manière, il a fallu travailler d’arrache pied pendant 30 ans pour aboutir, comme disait sylvain, il y a peu de temps à la signature par l’assemblée générale des nations unies, de cette déclaration sur les droits des peuples autochtones. C’est une grande victoire, mais c’est aussi simplement une étape…..Je crois que cette journée va nous montrer combien il est difficile d’avancer, " un pas en avant, un autre en arrière " ! nous allons voir, combien tout le travail de solidarité qui est fait à l’échelle internationale, est important et malheureusement toujours nécessaire.

 

J’aime bien raconter cette petite histoire : " un enfant de 9 ans à qui je disais : toi aussi peut être, quand tu seras grand, quand tu auras 20 ans, tu aideras aussi le comité de solidarité avec les indiens des Amériques….il m’avait répondu, ben non, moi quand j’aurai 20 ans, il n’y aura sûrement pas besoin d’un comité comme celui là. " Ce n’est évidemment pas le cas, mais en même temps cette solidarité, pour la défense des droits nous permet de tisser ensemble, des liens d’amitié. Nous verrons, au cours de cette journée, au travers des différents témoignages, comment la solidarité à permis de faire avancer les choses, et combien ce racisme, cette dénégation des droits à l’autodétermination est malheureusement toujours aussi forte.

 

Il faut se rappeler qu’en 1994, avec des personnes engagées dans le mouvement latino-américain, nous étions une des premières associations, même si nous n’étions que 10, à être devant l’ambassade. Quelques personnes sont venues s’impliquer avec notre groupe, dans un élan de solidarité qui nous a permis de constituer un réseau fort et abattre beaucoup de travail.

 

(Sylvain) : Nous allons maintenant demander à la délégation Mohawk
de venir nous rejoindre

(Sylvain) : " Pour nous, le soutien à la nation Mohawk remonte à très longtemps, c’était aussi notre combat avec la confédération Haudenosaunee en 1977 aux nations unies. Nous les avons également accompagné en 1990 lors des démarches de solidarité pendant la crise d’Oka à Kanesatake, c’est à cette occasion que nous avons rencontré Kenneth DEER, et que nous avons continué notre mission, toujours au sein des nations unies, pour faire valoir leurs droits lors de l’adoption de la déclaration des droits des peuples autochtones. C’est un honneur d’avoir Kenneth avec nous. La confédération Haudenosaunee fait partie de l’histoire de solidarité du CSIA, et plus largement du réseau de solidarité au niveau Européen. Lorsque l’affaire d’Oka a éclaté, on s’est souvenu avec Kenneth que notre première rencontre datait de la manifestation de Munich, organisée le matin même, et qui regroupait des personnes d’"Incomindios",

de
" big mountain action group ".
Nous avions pu entrer dans le consulat, mettre le drapeau de la confédération Haudenosaunee à la fenêtre et discuter avec des représentants du gouvernement canadien pour que cesse la répression contre les communautés Kanesatake et Kahnawake.

 

C’est donc pour moi un honneur de vous présenter Kenneth et Thomas DEER ! "

KENNETH DEER
Il s'est énormément impliqué dans l'élaboration de la
Déclaration des Nations Unies sur les Droits
des peuples autochtones. Il a également co-organisé le
Caucus autochtone depuis 1994 et l'a co-présidé à de nombreuses reprises.
En 2000, il est Président/Rapporteur du séminaire sur les Médias
Autochtones aux Nations Unis, à New York. Il est membre du groupe de travail à L'ONU
sur les techniques de l'information et de communication (ICT), créé en 2005 lors
du Sommet Mondial sur la Société de l'Information à Tunis.
Il est impliqué dans la création du portail autochtone, portail géré par et pour
les autochtones. Il a été éditeur de "The Eastern Door" jusqu'en 2007. Ce journal
hebdomadaire, qu'il a créé en 1992, est diffusé au sein de la communauté
mohawk de Kahnawake et lauréat de plusieurs prix décernés par la profession.

 

 

" Tout d’abord, je voudrais apporter mes salutations à vous tous ici, des salutations de la part de mon peuple, de nos leaders, et de nos mères de clan. Il est vrai que nous avons de très bonnes relations nous les Mohawk, mon peuple, ma communauté, avec le CSIA, et je voudrais les remercier pour ces trente années de travail et de soutien. Sylvain a rappelé très justement les évènements de 1990, de notre première rencontre. Le CSIA nous a été très très précieux par son soutien, cela nous a permis de parler du conflit qui opposait la communauté Mohawk au gouvernement. Le CSIA abat beaucoup de travail, les autres organisations sont aussi des alliés de poids, elles représentent le seul véritable moyen que nous ayons pour informer sur les réalités, et sans eux, il est clair que nous ne serions pas ici.

 

Cela fait déjà 5 ou 6 fois que je viens et que je m’adresse à vous qui venez me rencontrer !

 

Ce dont je peux vous assurer, c’est que les Mohawk aux Etats Unis et au Canada sont encore bien vivants, nous avons survécu et nous combattons toujours. La signature de la déclaration des droits des peuples autochtones par les nations unies, récemment, est l’action la plus importante et significative. En ce qui me concerne cela fait 21 ans que je suis actif dans ce processus avec la confédération Haudenosaunee, impliquée elle, depuis 1977, soit depuis le début. Il faut savoir que les deux états nations, les Etats Unis et le Canada où se situent les terres de mon peuple, là où vivent nos communautés, ont refusé de signer cette déclaration. Paradoxalement, ce sont ces deux mêmes pays qui se sont retirés du processus contre le racisme.

 

Concernant les Etats Unis, nous espérons changer un peu la nature des relations entre les Mohawk et le gouvernement américain si OBAMA gagne les élections, bien que nous restions discrets à ce sujet. Au Canada, auront lieu des élections pour élire un premier ministre et donc un nouveau parlement. C’est un moment très important pour nous, c’est une des clés d’un réchauffement des relations, puisque depuis plusieurs années, nous supportons un gouvernement conservateur absent de tous les débats progressistes. En réalité, il est très probable que nous ayons à subir à nouveau, pendant 4 ans, un gouvernement à majorité conservatrice, voire d’extrême droite. Quoiqu’il en soit, et quelque soit le prochain gouvernement, nous Mohawk avons bien l’intention de poursuivre le combat qui est le nôtre depuis longtemps, et qui pour l’instant nous a mené jusqu’à cette déclaration des droits des peuples autochtones.


edith, Kenneth DEER, Kari Ann COWAN-PELTIER

 

L’article le plus important de cette déclaration, c’est l’article 3, celui qui affirme, notre droit à l’auto détermination : nos droits à notre langue, à la culture, à l’éducation, à la santé, à nos terres, à nos ressources naturelles. Cette déclaration n’est certes pas parfaite par bien des aspects, néanmoins, elle nous reconnaît déjà une certaine légitimité. Sur ce point là, je tiens à féliciter votre gouvernement qui a l’ a voté. Et bien évidemment, j’ajoute que les droits de cette déclaration, doivent être appliqués en Guyane Française, et sur les autres territoires sous gouvernance française, où vivent des peuples autochtones.

 

Bien que non contraignante à nos yeux, cette déclaration met beaucoup de pression sur les Etats. Dans tous les pays quasiment où vivent les peuples autochtones, nous sommes des minorités. Nous devons continuer à nous battre pour vivre et pour survivre. L’intérêt , c’est qu’elle nous donne des outils pour continuer à lutter pour nos terres. Nous devons continuer à enseigner à nos enfants, aux enfants de nos enfants comment continuer à combattre…..si nous ne le faisions pas, nous disparaîtrions.

(Sylvain) : Sur ces mots, je passe maintenant la parole au prochain intervenant Mohawk.

THOMAS DEER
Teiwoi:sonte Thomas DEER est membre du clan du loup et citoyen de la
Confédération Haudenosaunee des 6 nations. Il réside sur les terres de la nation
mohawk, à Kahnawa'ke. D'abord Etudiant au Centre Culturel et linguistisque
 de Kanien'keha:ka Onkwawén:na Raotitiohkwa(KOR), il y travaille aujourd'hui
afin de préserver, de promouvoir et d'enrichir la langue et la culture du peuple
Kanien'keha:ka (mohawk). En tant qu'ambassadeur culturel du KOR, Teiwoi:sonte reçoit
des délagations du monde entier qui désirent en savoir plus sur la culture Kanien'keha:ka.
Il parcourt également le monde afin de représenter le KOR au cours de conférences
et de rencontres sur les thèmes de la protection et de la promotion des langues
et cultures en danger. Teiwoi:sonte est également très investi au sein de la Maison
longue de la nation mohawk à Kahnawa:ke l'institution politique et spirituelle traditionnelle
de la Confédération Haudenosaunee des Six nations. Représentant son peuple à l'étranger,
il a participé à plusieurs séances de travail concernant les droits des
peuples autochtones aux Nations Unis. Au cours de voyages dans d'autres
Pays du monde, il a veillé à établir des relations amicales de nation à nation.
Depuis onze ans, Teiwoi:sonte est secrétaire du Rotisken"rakéhte, la branche
Kahnawa:ke de la société des guerriers mohawk, avant garde du peuple
Kanien'keha:ka sous la supervion de la Maison longue.

Je voulais commencer mon introduction dans ma langue traditionnelle en vous remerciant d’être tous ici présents. Mon nom traditionnel "Teiwoi:sonte" veut dire " recouvert par la glace ", mon nom anglais est Thomas DEER. Je fais partie du clan du loup, de la nation Mohawk, membre de la confédération Haudenosaunee.

 

Depuis 11 ans, je suis le secrétaire de la société des guerriers qui sert en qualité de protecteur de la " longue house", notre gouvernement traditionnel. Depuis 3 ans, je m’occupe du centre culturel de ma communauté, des liaisons culturelles et de tout ce qui concerne le développement graphique.

 

Concernant le combat au sein de la déclaration des droits des peuples autochtones, j’aimerais revenir sur l’article du droit à l’auto identification, Ce droit a été pris en compte depuis longtemps par notre confédération, peut être que certains d’entre vous le savent, mais pour affirmer sa reconnaissance symbolique, nous voyageons avec un passeport de la confédération Haudenosaunee .

 

Nous saluons cette mention de la déclaration, mais nous pensons aussi qu’il est de notre devoir d’aller plus loin encore. Nous nous devons de valoriser cette auto identification, et d’affirmer la spécificité de nos cultures.

 

Il fut un temps, pas si lointain, et je ne suis pas vieux, où nous n’avions pas le contrôle de notre propre éducation. Jusqu’en 1970, le système éducatif était régi par l’Etat Fédéral avec un partenariat de l’église catholique. Ils voulaient nous intégrer dans la société canadienne, nous assimiler pour que nous devenions de bons citoyens canadiens, et détruire notre identité en tant que peuple autochtone. Heureusement, dans les années 70, s’est opéré un renouveau culturel et identitaire, une revitalisation des cultures traditionnelles. Sans demander au pouvoir fédéral en place, nous avons repris le contrôle de notre système éducatif.

 

Fin des années 70 et début des années 80, nous avons été une des premières communautés à mettre en place la première école élémentaire entièrement en langue Mohawk, en immersion totale. Notre conseil des chefs a également fondé deux écoles qui enseignent l’histoire, sans occulter la nôtre. Au travers de ces 20 dernières années, des études ont permis d’affirmer que ces projets se sont déjà révélés être des succès !

 

Nous avons cependant pu analyser 3 choses : la première est le nombre décroissant de Mohawks parlant notre langue, les anciens, qui eux la parlaient couramment, venant petit à petit à disparaître. La deuxième que nous avons pu définir, c’est aussi l’influence négative de la télévision qui ignore totalement notre culture. La troisième, une des plus intéressantes, c’est que nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un fossé, entre des enfants apprenant le mohawk et des parents anglophones qui ne le parlaient pas, d’où une difficulté de communication, ce que certains éducateurs firent remarquer : "  notre langue malgré notre enseignement ne reste qu’une langue scolaire. Lorsque les enfants rentrent chez eux ou jouent avec leurs camarades, ils réutilisent la langue anglaise ".

 

Avant le contrôle de ce ré-apprentissage de la langue, on conseillait aux Mohawk de ne plus la parler, sous peine d’être exclu du monde du travail et de la société. C’était très dur pour les gens de mon âge, car nous ne pouvions communiquer avec ceux de la génération précédente. Après ces constats dans les années 2000, notre communauté, au travers de rencontres et de débats, s’est attachée à persévérer dans ce programme de développement culturel et linguistique afin qu’il perdure avec efficacité.

 

En 2001, le centre culturel, mon organisation et d’autres institutions, avons défini un nouveau programme, que l’on peut traduire dans notre langue par "  nous rendons notre langue plus forte encore aujourd’hui ". Un des objectifs de ce nouveau concept a été de combler ce fossé générationnel, pour que les parents des enfants impliqués, puissent eux aussi ré-apprendre leur langue originelle.

Je suis donc très heureux de vous annoncer que le projet, au préalable d’un an, a été étendu à deux, avec dans un premier temps l’étude et l’apprentissage basique de la grammaire, et dans un deuxième temps, de la culture, de nos valeurs traditionnelles et spirituelles. Autre satisfaction, nous avons créé une chaîne dans notre langue. Depuis 4 ans nous avons développé 4 émissions qui sont diffusées au niveau interne, au sein de notre communauté dont l’une est un programme sur les évènements culturels et les informations importantes pour nos communautés, et une autre pour les enfants en réponse à la culture dominante. Depuis ces 4 années, nous enregistrons un retour positif au sein de la communauté, notamment le programme pour les enfants. Cela nous a encouragé à mettre en place dans les écoles un spectacle de marionnettes interactif, et parfois les enfants se mettent à leur parler dans leur langue en pensant qu’elles sont vivantes. Une véritable synergie s’est installée au sein de notre communauté et cela nous donne espoir que notre culture et notre langue puissent se transmettre aux futures générations.

 

Je voudrais vous narrer une histoire personnelle : pendant la crise d’Oka en 1990, j’ai rejoint notre société de guerriers pour défendre notre terre et notre territoire. Je me suis interrogé : puisque moi je venais d’une famille chrétienne que j’avais la peau claire, mis à part la langue, qu’est ce qui me différenciait des ennemis qui nous ont attaqués  ? Et j’ai trouvé la réponse, c’était la " Long House " la maison longue, le vecteur et le référent social, culturel et politique pour notre communauté. J’avais 14 ans quand j’ai rejoint ce combat, et la première chose que j’ai décidé, c’est de m’asseoir et d’écouter les anciens. Durant toutes ces années 90, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour suivre et essayer de comprendre avec leur concours et leur aide. Mais nous avons pu constater que ces anciens disparaissaient un à un. En 1999, notre chef cérémoniel est décédé, et nous les jeunes avons commencé à nous regarder en nous demandant qu’elle sera notre réponse face à cette triste évolution. C’est peut être ce qui nous a guidé dans les années 2000 et a poussé ma génération à se réapproprier notre langue traditionnelle. C’est à ce moment que nous avons voyagé à travers toute la confédération iroquoise pour les écouter et rattraper le temps perdu, car il était de notre responsabilité de perpétuer les traditions. Je suis donc fier d’annoncer qu’en 2008, nos cérémonies traditionnelles continuent d’exister, avec les chefs traditionnels et cérémoniels, les anciens qui nous restent, et les jeunes qui font de nous ce que nous sommes. Grâce à ces jeunes, nous gardons l’espoir !

Avant de conclure je voudrais revenir au début de ma réflexion sur l’auto identification de la déclaration des droits des peuples autochtones : c’est une responsabilité très lourde, mais nous savons qu’aujourd’hui, nous sommes prêts à l’assumer. Si effectivement nous avons fait un pas et avancé, nous n’aurions pas pu le faire sans le soutien des organisations internationales comme notamment celle du CSIA ou  incomindios, soit toutes celles qui nous aident et qui nous ont aidé à être ici aujourd’hui avec vous. J’aimerais souligner aussi le fait, qu’il n’est pas facile de venir ici à Paris, en utilisant le passeport de notre confédération iroquoise.

WALEHA JOHNS
(Diné - USA)

Originaire de la communauté de Forest Lake,
sur la réserve Navajo en Arizona. Elle assiste dès son plus jeune âge,
aux effets destructeurs de l'exploitation minière. En 2001, alors étudiante
elle co-fonde la "Black Mesa Water Coalition

Je commencerais par souligner, en ayant écouté mes deux frères avant moi, qu’il est toujours désolant de réaliser que les mêmes problèmes se posent partout, quels que soient les peuples autochtones concernés, où que vous soyez, je ne me serais pas exprimé autrement, avec les mêmes mots pour en parler !

 

L’endroit d’où je viens, s’appelle Black Mesa, en Navajo, en Diné. Black Mesa est une montagne " féminine ", créée ici même par les esprits, sa force nous est supérieure. A ses côtés, existe son pendant " masculin "  et quatre autres montagnes sacrées, qui entourent la réserve Navajo, à l’Ouest, à l’Est, au Nord et au Sud. Elles forment une sorte de diamant, avec au centre, Black Mesa et la montagne masculine.

 

Nous avons deux principales rivières sur la réserve, une à l’Ouest et une à l’est, et deux cours d’eau moins influents dans la région. Pour nous, toute cette zone dont je vous parle, est notre autel, au sens religieux et spirituel du terme, c’est notre foyer, c’est là que les esprits ont voulu que nous vivions en harmonie avec la nature. Des enseignements transmis de mes parents et de mes grands parents, j’ai réalisé que ce territoire représentait notre identité et qu’il nous fallait le préserver. Sur ce territoire, une compagnie des Etats-Unis exploite depuis presque 30 ans une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du pays. Nous soutenons, moi, ma famille, et tous les gens qui habitent cette région, l’organisation " Black Mesa Water coalition ", fondée par des jeunes, pour lutter contre cette mine et pour l’accès à l’eau. En effet, " Peabody " pompe notre eau (environ 3 millions de galons), depuis presque 35 ans, une eau très saine. Cette eau est transportée pour être transformée en électricité, à plus de 500 kilomètres de la réserve, pour y alimenter le sud-ouest des Etats Unis, résultat, la plupart de nos sources se sont asséchées, et notre nappe phréatique diminue petit à petit, inévitablement.

Beaucoup d’anciens considèrent que le charbon est le foie de cette région, et ce foie a une fonction en lien avec la Terre Mère. Son rôle est de la purifier, le charbon doit donc rester là où il est, comme tous les autres éléments, que vous appelez les ressources naturelles. De la même manière que notre corps souffre, lorsque que vous l’amputez d’un organe, la Terre Mère souffre elle aussi, si on lui enlève son foie ou tout autre élément comme l’uranium et le pétrole.

 

Avec mon organisation, nous avons d’abord visité les communautés en nous réunissant, pour les informer afin qu’elles puissent s’organiser et faire pression sur notre gouvernement tribal, sur le gouvernement de l’Etat et sur le gouvernement fédéral. Le gouvernement tribal ne représente pas nécessairement les gens qui vivent sur ces terres de Black Mesa. Nous voulions qu’il réalise qu’il ne faut pas utiliser cette eau en la gaspillant. Dans la communauté d’où je viens, et dans celles avoisinantes, beaucoup de gens sont fermiers ou éleveurs : ils sont obligés d’aller chercher l’eau à la rivière n’ayant pas accès à l’eau courante. Il est plutôt cynique, que nous fournissions, depuis 35 ans, l’eau à tout le sud ouest des Etats Unis, en aidant en cela, des communautés à se développer, alors que pleins de gens chez nous, n’ont pas l’eau courante, ni l’électricité. L’augmentation du prix de l’essence n’arrange en rien le problème de ces familles ! La sécheresse est aussi un problème grandissant dû au changement climatique. Je suis fier d’appartenir à ma communauté , je suis fier de notre lutte pour l’amélioration de nos conditions de vie, du respect de nos traditions et des enseignements spirituels qui nous ont été transmis. Mais c’est un combat difficile, nous sommes dans le ventre de la bête, puisque c’est notre propre gouvernement tribal qui a signé l’accord avec " Peabody ". Il faut toujours affronter cette machine administrative et bureaucratique. Nous sollicitons notre gouvernement tribal, pour qu’il encourage les " emplois verts " comme je les appelle, liés à nos traditions, tissage, culture des plantes utilisées par notre communauté. Nous voulons parvenir à l’autosuffisance, favoriser les échanges……et continuer de faire pression, contre ce gouvernement tribal qui encourage toujours l’exploitation du charbon. Nous essayons, en ce sens, de faire passer une loi, avec le soutien d’un leader Navajo.

 

Pour conclure, je dirais que nos luttes sont toutes liées, et qu’il faut affronter ces états qui en veulent toujours plus, les Etats-Unis comme les autres, et je ne parle pas seulement pour ma communauté, mais d’une façon plus générale.

 

Merci

 

Site :

www.blackmesawatercalition.org et www.ienearth.org

 

JUAN CHAVEZ
(Purépécha du Mexique)

Paysan et maître d'école dans la communauté de Nurio, dans le Michoacan,
à l'ouest de la ville de Mexico. Il appartient à la nation
P'urhépecha, dont la langue est l'une des
soixante deux encore parlées dans le Mexique aujourd'hui.
Porte-Parole de sa communauté, membre du Congrès National Indigène (CNI)

Nous avons toujours essayé de préserver nos connaissances en terme d’environnement dans le cadre du respect de la Terre Mère. Mais dans les années 50/60, les gouvernements néo libéraux et capitalistes ont commencé à introduire les engrais chimiques et les pesticides contaminant la ville, l’eau, l’air et agressant la nature. La mécanisation a été introduite à cette époque, avec une technologie qui n’était pas appropriée aux sols ; cela a changé la richesse et l’équilibre des nutriments de la nature. Les sols se sont appauvris, les lacs ont commencé à s’assécher, les rivières ont été détournées. Les années 70/80 ont vu se développer de grands projets d’entreprises industrielles, d’hôtels, de restaurants ou encore de golfs….

 

Le président Salinas réforma dans les années 90, l’article 27 (réforme des terres collectives : droit à la terre comme propriété sociale, privatisation en en faisant un droit individuel ) de la constitution mexicaine et signa le traité de libre échange entre le Canada, les Etats Unis et le Mexique. C’est là que l’on mit en place de grands plans d’infrastructure, de grands mégas projets, comme les puebla-panamà, le plan Colombie, le plan Alena…. et récemment celui qui conforte la soumission de l’armée mexicaine à celle des Etats-Unis. En Basse Californie, un parc éolien industriel a été donné en concession aux entreprises multinationales espagnoles.

 

Des mégas projets de voies rapides sur tout le territoire, du nord jusqu’au pacifique, ont été adoptés, au service des capitalistes nord américains, pour le transport des marchandises depuis l’est des Etats Unis vers le plus grand marché du monde, de plus de 250 millions de consommateurs, le marché asiatique.

 

Le président Salinas, le président actuel Calderon privatisent et donnent en concession les minéraux, aux entreprises canadiennes ou européennes, de l’Inde ou de Chine.

 

Ils exploitent les minéraux à fleur de terre avec de la dynamite ou du cyanure. De cette façon, ils contaminent l’eau, la terre, la nature et l’environnement. Ils s’approprient de grandes surfaces, de grandes extensions de terre qui appartiennent aux nations, aux peuples et aux tribus indiennes, en les déclarant hypocritement " aires naturelles protégées " mais en les bradant en réalité aux multinationales.

 

Toutes ces politiques, sont des politiques de mort, pas seulement pour le peuple du Mexique. Ils provoquent de grandes migrations, cela octroie certes quelques emplois, mais pour très peu d’élus. La majorité des travailleurs indiens, des ouvriers, des femmes et des jeunes qui vivent dans les villes sont au chômage et migrent en masse vers les Etats Unis. Cette politique de répression s’applique sur tout le continent et dans toute l’Amérique Latine, de la terre de feu, jusqu’à l’île de la tortue. Elle vaut aussi en Asie, en Afrique, en Océanie, où d’un côté il y a des richesses, et de l’autre une extrême pauvreté. Des résistances existent, par exemple dans cette autre France, celle que nous avons pu rencontrer, avec des jeunes qui luttent pour récupérer la terre, ou pour obtenir le droit au logement, pour rétablir les cultures biologiques, organiques, où ils utilisent des semences, des graines naturelles, où ils recherchent un projet de vie, comme ces coopératives pour produire des aliments sains, mais sans ou avec très peu d’appui des gouvernements. C’est le cas de nos frères paysans qui luttent contre les OGM, qui sont emprisonnés et doivent payer des amendes de 250 000 euros. Partout, des luttes s’organisent pour un monde meilleur, contre Monsanto  par exemple, le leader mondial de l’OGM et de ses produits empoisonnés !

 

Au Mexique, le traître président Calderon, a élaboré une loi, soit disant pour la protection des semences, mais cette pseudo loi est dictée par  Monsanto, dont le but n’est que de favoriser cette multinationale en achetant et brevetant les semences des peuples indiens. Ces lois sont scandaleuses et criminelles pour tous les peuples du monde. Elles attentent à la souveraineté alimentaire et nous soumettent à la dépendance des multinationales, qui fixent les prix des aliments " empoisonnés " que nous devrons payer sans autre choix.

 

Il y a aussi le problème des centrales nucléaires qui se construisent dans le monde, les expérimentations, les essais dans les océans, où les décharges de résidus nucléaires, qu’ils entreposent dans les déserts. Le président des Etats Unis et le gouverneur au nord du Mexique se sont mis d’accord pour installer une décharge dans le désert au nord du Mexique, sans tenir compte de la biodiversité existante. Face à cette situation, les peuples indiens, les nations et les tribus qui sont adhérents à la 6ème déclaration de la forêt Lacandone, les Zapatistes, et d’autres organisations, des jeunes, des travailleurs, des artistes, des hommes et des femmes humanistes, nous luttons pour un nouveau projet des nations, pour une nouvelle constitution, pour un projet de vie, et non de mort.

 

 

C’est cela que je voulais partager avec vous, c’est de cela que nous avons parlé avec les différents collectifs et organisations que l’on a pu rencontré ici en France. Pour que l’on puisse construire ensemble un autre monde pour tous, pour que la planète Terre continue d’exister, pour que la Terre Mère continue d’exister, pour que la vie continue d’exister, les poissons, la nature et toutes les espèces qui la peuplent, en respectant toutes les formes de lutte et d’organisations. Nous devons faire l’effort de rassembler nos cœurs, pour unir nos paroles, construire un accord, un projet pour un nouveau monde, pour l’humanité contre le néo libéralisme et rejeter le capitalisme à outrance, s’en débarrasser pour qu’il n’attente plus à la vie, à la nature……pour que l’avenir des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes soit un futur du bien être, de santé, du respect, de démocratie, de liberté et de justice…..et pour les peuples et tribus du Mexique, que les lois du Président Felipe Calderon, restent lettre morte, c’est ce qu’ont souhaité et déclaré les peuples d’Amérique dans leurs différentes réunions et sessions dont la première avait lieu à Vicam, état de Sonora. Pour les indiens, tribus et peuples du Mexique, la loi suprême reste les accords de San Andrés.

 

 

Merci

(Sylvain) : Nous passons maintenant de la grande île de la Tortue aux Etats Unis, au sud du Chili , avec une représentante qui vient du territoire Mapuche, je laisse donc la parole à Sylvia

SILVIA ANCAN
(Mapuche du CHILI)

Professeur mapuche et membre de l'organisation de professeurs mapuche Kimeltuchefe,
elle lutte pour les droits éducatifs, linguistique et culturels de son peuple.
Elle a été l'objet de persécutions et de discriminations de la
part de l'institution catholique qui l'employait, pour avoir voulu faire
valoir au sein de l'école où elle enseignait les valeurs et la culture mapuche.
Elle développe aujourd'hui un projet d'éducation
mapuche autonome dans les communautés Lafkenche du lac Budi.

 

Je vous salue tous chaleureusement ! je suis contente d’être ici, à cette même table, partenaires dans les mêmes luttes. J’ai été aussi invitée au forum social Européen en Suède à Malmö, avec le chef traditionnel " Lonko " Pascual Pichun qui n’a, malheureusement, pas pu sortir du pays.

 

Je suis professeur d’éducation Mapuche, depuis 16 ans. Nous avons une école et une radio communautaire. Nous voulons récupérer nos terres, nous pensons que nous, peuples indigènes nous avons beaucoup à faire et à donner.

 

Nous devons utiliser tous les moyens de communication à notre disposition comme les écoles, la radio…. Nous pensons que nous, indigènes, devons retourner travailler sur nos territoires. Nous pouvons apporter sur ces territoires, notre connaissance et notre savoir, sans que l’Etat nous dicte notre conduite, sans qu’il soit uniquement le seul à décider. Nous sommes responsables de l’éducation de nos enfants , puisque l’école traditionnelle chilienne ignore notre histoire.

 

Il est donc de notre responsabilité d’étudier à l’université, et de revenir dans la communauté sur notre territoire, pour que toute notre cosmovision ne se perde pas ! Nous devons être nous mêmes les promoteurs, et donner un statut à notre langue.

 

Nous avons une méthode pour enseigner à nos enfants. C’est ce qui nous permet de nous rétroalimenter comme Mapuche, comme personne. Si l’on ne nous permet pas cela, nous perdrons notre identité. C’est pourquoi nous tentons de récupérer notre territoire des mains d’étrangers qui ne la considèrent que comme un bien matériel, car sans terre nous ne sommes rien. Nous l’aimons comme la Terre Mère , nous Mapuche, nous pensons que nous faisons partie de la terre, et c’est pour cette raison que nous la défendons.

 

Nous somme opprimés car l’état Chilien voit nos revendications comme un danger pour sa légitimité : actions dans nos écoles, radio communautaire….Il refuse la restitution de notre territoire en nous taxant de " terroristes ". Beaucoup ont été jetés arbitrairement en prison pour ces raisons, mais nous ne reculerons pas…..après 500 ans de lutte, ce n’est pas maintenant que nous allons faire un pas en arrière ! Nous, peuple autochtone, nous pensons que nos structures millénaires, politiques, sociales, économiques et culturelles, nous ont permis de nous développer de façon autonome.

 

Cependant, nous dépendons encore des autres, c’est pourquoi nous redynamisons notre culture et notre langue, via notre école.

 

C’est aussi une expérience personnelle pour moi. Je travaille dans une école dépendante d’une église catholique. J’ai été persécutée, cela fait maintenant deux ans que je ne peux plus exercer ma profession. J’ai donc perpétué mon action sur le plan social avec mon peuple, et en parlant de notre histoire comme ici avec vous. Nous pensons que nous, Mapuche, avons le devoir de révéler la vérité. Nous ne sommes pas des terroristes, nous voulons seulement défendre cette terre à laquelle nous appartenons. Nous sommes Mapuche, " Mapu " (terre), " Che " (gens), nous sommes donc les gens de la terre, nous en faisons partie .

 

Que veulent les grandes entreprises ? exploiter la terre alors que pendant de nombreuses années, nous avons essayé de maintenir l’équilibre de la nature, la montagne, les plaines et la mer, d’où le conflit qui nous oppose. C’est notre réalité. Je lance donc un appel, à toutes les personnes qui nous écoutent, qu’elles n’oublient pas que les peuples indigènes existent. Nous avons maintenu ces terres libres de toute pollution. Nous l’aimons pas seulement pour ses ressources naturelles, mais pour vivre avec elle de façon harmonieuse, ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui, dans l’humanité. Insuffisamment de personnes sont conscientes du réchauffement planétaire, trop peu tirent la sonnette d’alarme pour la protection de l’environnement. Nous protégeons, la terre, l’air, nous nous somme redevables mutuellement. J’appelle tous les peuples indigènes à soutenir nos actions.

Notre école communautaire existe depuis 3 ans, ce n’est pas une grande école, mais nous sommes actifs malgré notre manque de ressources. Parfois notre radio n’émet plus, car nous n’avons plus les moyens payer l’électricité, aussi nous essayons, autant que faire se peut, d’être le plus autonome possible, nous devons continuer dans cette voie……la récupération de notre terre nous aidera à y parvenir !

 

Merci beaucoup de m’avoir écouté !

FELIX TIOUKA
(Kalin'a de GUYANE)

Il est à l'origine du renouveau amérindien en Guyane.
Cofondateur en 1981 de l'Association des Amérindiens de Guyane
Française (AAGF), puis de fédération des Organisations Amérindiennes
de Guyanne (FOAG), il est actuellement 1er adjoint a maire
de la commune d'Awala-Yalimapo et membre du
Groupe de travail sur la langue et la culture Kali'na.

La question des territoires est particulière en Guyane, aussi il me semble important d’expliquer son fonctionnement et de parler du mode de vie de sa population autochtone. La Guyane est un département créé en 1945, constituée de 22 communes, d’aires protégés, d’un parc national qui couvre la moitié du territoire, d’un parc régional qui couvre l’ouest et l’est. C’est aussi une population de 200 mille habitants et un lieu de rencontres, où cohabitent environ 25 nationalités différentes. La Guyane est aussi un pays qui attire de nombreuses populations qui viennent notamment de Haïti, du Surinam, du Brésil et des pays latins.

 

C’est en cela qu’aujourd’hui, la question des peuples autochtones, et particulièrement des communautés amérindiennes, se pose dans de manière complexe.

 

6 communautés amérindiennes composent la Guyane : sur le littoral, les " Palikurs ", les " Arawak ", les " Teko ", à l’intérieur du pays, les " Wayana ", les " Wayampi " et les "Kali’na ". On estime aujourd’hui la population amérindienne à environ 10% de la population Guyanaise.

 

Durant ces dernières années, un processus d’affirmation identitaire s’est développé. Il est né dans les années 80, avec la création d’une première association des amérindiens de Guyane, qui a poursuivi un travail conséquent sur le terrain jusqu’en 1992, où celle ci s’est transformée en fédération (fédération des organisations amérindiennes de Guyane : FOAG).

 

A travers la FOAG, les associations membres ont développé des relations internationales, qui leur ont permis d’intégrer des groupes de travail, afin de sensibiliser l’Etat Français, sur la question des peuples autochtones, et de développer des relations avec d’autres pays comme la Nouvelle-Calédonie, leurs situations étant similaires. Les évolutions statutaires et institutionnelles ont nécessité des modifications considérables de l’organisation administrative du gouvernement Français. Il est donc intéressant d’en tenir compte dans la lecture que l’on peut faire aujourd’hui sur ces différentes situations.

 

A l’intérieur de la Guyane, deux modes de représentation coexistent aujourd’hui. L’une existe à travers les autorités coutumières qui sont les représentants légaux des communautés, ce que l’on appelle communément la base. Une deuxième forme de représentation est née en 1969. Sachez qu’avant cette année, les populations amérindiennes n’étaient pas françaises, donc la loi de francisation à la fin de l’année 69 a fait des amérindiens, des français à part entière, avec une obligation militaire et une langue officielle, le français. Depuis, cette nouvelle représentation de l’état a désorganisé les communautés.

 

La notion de territoire devient un enjeu considérable, puisqu’elle s’exprime à 2 niveaux, à travers une représentation, je dirais, proprement liée à l’organisation socio-économique et socio-culturelle des populations. Elle est aussi liée aujourd’hui à nos représentations administratives du territoire. En 1969, l’état à décidé de développer et moderniser la commune de kamopi. Sachez donc , et je le dis très clairement pour ceux qui pensent que les communes amérindiennes existent, que c’est pure spéculation, et je ne pense pas qu’elles existeront un jour. Il faut donc évacuer cette idée. Nous avons la gestion administrative de notre territoire " wayana-wayampu ", mais quotidiennement, nous nous heurtons à l’exercice à la fois du droit coutumier et du droit administratif. Cette confrontation est nécessaire, elle nous grandit dans notre mode de pensée et notre organisation Elle nécessite une nouvelle forme d’expérimentation, une nouvelle forme de gouvernance territoriale, qui s’appuie à la fois sur une gestion, non pas ancestrale, mais sur le fondement même du territoire sur lequel vivent ces communautés, dont il est nécessaire de prendre l’évolution en considération, et même l’évolution du pays dans son ensemble.

 

La Guyane, comme je vous le disais, ce n’est pas uniquement les amérindiens. Certes, se sont les premiers peuples, mais d’autres sont venus, ont décidé d’y vivre, d’autres encore s’y installeront, et quelque part nous sommes condamnés à coexister ensemble sur ce territoire.

 

Cette volonté de vivre ensemble nécessite des adaptations, mais aussi des nouvelles règles d’organisation territoriale, rappelons par exemple que la gestion du foncier dans les communautés amérindiennes, se fait sur la règle collective, alors que le système administratif, dans ce domaine, est basé sur l’individualité. Ces enjeux aujourd’hui, pour nous, constituent véritablement, notre préoccupation. La modification des règles territoriales, nous préoccupe à 2 niveaux : le premier est de reconsidérer la notion même du territoire, à partir de son existence et de son fondement même. Le deuxième, c’est de prendre en considération les évolutions nécessaires à l’émancipation, à la prise de conscience des peuples autochtones dans leur ensemble, puisque nous considérons que ce territoire vit dans une évolution à l’échelle d’un pays, mais aussi à l’échelle d’un continent, n’oublions pas non plus que la Guyane est reliée à l’Amazonie. Les communautés amérindiennes, d’une manière générale aujourd’hui, que se soit " Teko ", " Palikur " ou " Kali’na ", sont quelque part aux croisées d’une recherche identitaire. En même temps cette recherche, renforce les liens de solidarité, des liens qui ont fait que dans le passé, la continuité culturelle qui fondait les grandes nations existait. Rappelons par exemple que les " Kali’na " sont à la fois au Venezuela, au Surinam, au Guyana, en Guyane et au Brésil. Vous savez que ce sont les frontières qui ont fait que ces identités se sont séparées, Aujourd’hui, la nécessité de se retrouver est devenue une urgence. Dans cette recherche d’identité, elle est étroitement liée à la notion du territoire. Evidemment dans les états nations, il n’est pas absurde d’imaginer que cette frontière ne sera que culturelle aujourd’hui, du fait que chaque état nation dispose de sa souveraineté.

 

Cette constitution d’identité territoriale aujourd’hui change, parce qu’elle s’inscrit, de part la citoyenneté, vers d’autres horizons. Ainsi, tout en restant " Kali’na ", je suis français, et tout en restant français, je demeure européen, aussi à travers cette nouvelle situation, de nouveaux regards, de nouvelles perspectives, émergent. Des relations se sont créées avec la Finlande, où des peuples autochtones développent des modèles de gestion et de gouvernance. Certes, peut être pas avec les mêmes modes de fonctionnement, les mêmes règles, mais cette démarche d’aller vers l’autre, nous paraît intéressante, pour se retrouver à travers des liens forts, des traits d’union, à travers des passerelles culturelles très profondes, bien qu’éloignées. Ces identités contribuent aujourd’hui à façonner, la façon d’appréhender les territoires. La réflexion que nous menons aujourd’hui, sur la question du territoire nous paraît primordiale. En Guyane, elle sera posée différemment, elle contribue a élever la conscience culturelle, sociale, économique des populations amérindiennes. Malheureusement deux niveaux de conscience existent, ils nous appartient en tant que peuple autochtone, d’accompagner, de soutenir, d’appuyer ceux qui n’ont pas les moyens de pouvoir faire entendre leur voix.

 

Je ne me présente pas cependant comme un porte parole, mais comme un observateur attentif depuis de nombreuses années de la situation. Il est vrai que lorsque l’on observe la " mondialisation " des communautés amérindiens, il y a de quoi d’inquiéter. Parce que ces communautés se retrouveront peut être dans 15 ou 20 ans sans territoire, donc sans identité et sans âme. C’est une préoccupation majeure de tous les responsables qui ont en charge directe les gestions de ces territoires, cela préfigure d’anticiper les évènements. Cette anticipation, nécessite de notre part, un dialogue permanent avec les grandes collectivités, sur les régions et le département. Pour les communautés amérindiennes, est ce une absence ou un mépris des grandes collectivités de ne pas reconnaître une composante de la communauté Guyanaise ? pour la petite histoire, en 1995, la commune dans laquelle nous sommes, à intégré le parc régional. Nous nous sommes efforcés dans la charte du parc, d’introduire cette nouvelle dimension. La charte reconnait aujourd’hui, la présence des communautés d’habitants, des autorités coutumières, les membres du conseil d’administration ont un droit décisionnel dans le choix politique des valorisations, et de préservation de leur patrimoine. Pour nous, tout en restant vigilent sur la question du territoire, il nous paraît intéressant de rechercher des alternatives, des outils de réadaptation, de recomposition, de se reconstruire une vision, une nouvelles conception, pour permettre aux jeunes qui sont là, qui nous regardent, qu’ils exigent une qualité de vie, d’éducation, sociale, de réussite, un engagement fort de notre part, afin qu’ils puissent jouir de leur territoire auquel ils sont profondément attachés. Ces deux stades communs, que l’on essaye de développer entre les communautés amérindiennes, sont fondamentaux pour nous, c’est la clé aujourd’hui de notre ligne de travail. De nouvelles collaborations sont mises en place, pour que le territoire à la fois, je dirai communautaire, puisse être compris comme un territoire d’avenir, tout en restant conscient au delà de ce territoire, qu’il ne faut jamais oublier que la Guyane appartient à 90% à l’état. Nous nous trouvons donc dans une situation où il faudra se battre, reconstruire, redialoguer, pour que la reconnaissance du territoire soit prise en considération. La Guyane mérite une attention particulière aujourd’hui, car au delà de l’enjeu spatial, il existe aussi des hommes. Il y a deux Guyane (littoral et intérieur) et les populations amérindiennes souffrent, de ne pas être écoutées, j’ose espérer qu’aujourd’hui, vous puissiez, ne serait ce que moralement, être à notre écoute et transmettre le message, car elles le méritent. Avec davantage d’attention, les choses pourraient avancer. Malheureusement, la France est ce qu’elle est, indivisible, unique, on nous rappelle souvent que nous sommes français, que l’on ne peut être " Kali’na " et français, que nous n’avons pas le choix, et qu’il nous faut l’assumer.

 

Merci

KARI ANN COWAN-PELTIER
(Anishinabe Lakota, LPDOC)

 

 

 

 

J’aimerai tout d’abord remercier Edith et Sylvain d’avoir organisé cette conférence et de tous leurs efforts. Mon nom est Kari ANN, je suis d’origine Anishinabe – Ojibway et je vous remercie de me recevoir ici.

 

 

J’aimerais vous remercier de vous soucier du cas de mon oncle, Léonard PELTIER, incarcéré depuis plus de 32 ans sur la base de preuves factices. Pine Ridge était à cette époque dans les années 70, en état de guerre et Léonard a combattu pour nos droits, et continuera à le faire pour défendre la liberté.

 

Mon oncle ne veut pas mourir en prison, il veut le faire savoir. Bien que Léonard soit privé de sa liberté, il n’a jamais cessé de s’investir, même derrière les barreaux, en mettant en place différents programmes d’éducation pour les autochtones sur Pine Ridge, en organisant des distributions de jouets pour les familles les plus pauvres sur la réserve.

 

A l’heure actuelle, il est incarcéré en Pennsylvanie, dans un pénitencier avec des cellules d’isolement. Il sera bientôt transféré dans une autre prison, mais nous ne savons pas laquelle.

 

La réserve de " Turtle mountain " dont il est originaire, a déposé une demande officielle de libération immédiate, pour qu’il soit transféré sur sa réserve et qu’il puisse vivre en paix auprès des siens. C’est son droit le plus légitime de vouloir retourner vivre auprès de sa nation. Toute souveraineté devrait être reconnue équitablement à chaque peuple. J’aimerais aussi remercier toutes les personnes qui depuis tant d’années lui ont envoyé lettres, cadeaux, et lui ont consacré du temps. Je voudrais conclure mon intervention en lisant un message qu’il vient juste de me faire parvenir dans la nuit :

 

(Léonard PELTIER) : " Salut à vous tous, mes frères et sœurs du monde entier. Je suis désolé de ne pouvoir être avec vous aujourd’hui, je suis profondément honoré cependant de pouvoir vous parler aujourd’hui, même si c’est au travers de quelqu’un d’autre. Tout d’abord je voudrais vous féliciter pour la détermination que vous mettez à faire avancer les droits des peuples autochtones dans le monde entier. La prison est, je pourrai dire, propice à la réflexion personnelle comme j’imagine toute forme d’isolement, et j’en suis venu à penser que ma relation avec le créateur, avec ma famille, la terre, avec mes frères et sœurs autochtones sont les choses les plus importantes pour moi. J’essaye de rester informé comme je peux de l’actualité dans le monde. Je sais que beaucoup d’entre vous, dans vos pays respectifs sont persécutés, expulsés de leurs foyers, exploités, dépossédés de leurs ressources, je sais que souvent des membres de votre peuple sont tués, parce que des multinationales veulent mettre la main sur les ressources de votre terre.

Sachez que j’ai bien conscience que nous avons un ennemi commun, il présente de multiples visages, il parle différentes langues, porte des uniformes différents, sa motivation est toujours la même, avide d’argent, de richesses, voulant s’accaparer toujours plus de territoires au delà de toute logique rationnelle. Je ne connais pas la réponse à ce problème, celle qui nous permette de survivre, je suis sûr qu’il en existe plusieurs…..mais ce que je crois sincèrement, c’est que quelque soit cette réponse nous en sommes la clé.

 

Et par tous les moyens possible nous devons devenir plus fort, nous devons aider nos enfants à devenir forts, nous devons renforcer notre foie et notre connexion avec le créateur.

 

Nous devons apprendre à utiliser les outils d’aujourd’hui, pour nous protéger des défis et du péril que leur avidité présente pour l’avenir. Nous devons sans relâche éduquer nos enfants, leur enseigner à ne pas devenir comme l’ennemi, à respecter la Terre Mère, le créateur et l’humanité toute entière, tout en maintenant la vigilance pour assurer la défense de nos terres et de nos ressources.

 

Quelqu’un à dit que la plus grande bataille que devait mener un guerrier c’était celle contre lui même, nous devons évoluer tout d’abord et développer l’autodiscipline, le respect de nous mêmes dans nos propres communautés.

 

Tant de fois, j’en ai vu, parmi notre peuple, se détruire eux mêmes, à l’intérieur de leur propre organisation, avant même d’avoir pu commencer à se battre contre l’ennemi. Par ces paroles j’espère n’avoir offensé personne, j’essaye d’être tout simplement honnête, vis à vis de ce défi significatif auquel nous sommes confrontés. Nous ne pouvons pas exiger nos droits, le respect, notre liberté tant que nous ne sommes pas nous même dans une position de force. Une des manières pour nous de renforcer notre pouvoir, c’est de continuellement former des alliances, solidifier nos réseaux comme vous le faites aujourd’hui. De la même façon, nous devons chercher absolument à faire connaître au monde nos traditions autochtones celles qui nous ont permis de survivre, expliquer que la plus grande force du créateur, c’est ce lien que nous avons avec la Terre Mère, enseigner et partager avec les autres ce lien universel aussi puissant que toutes les nouvelles technologies, afin de vivre en harmonie.

 

C’est peut être dans cette forme de vision, que nous trouverons une manière de combattre nos ennemis en n’en faisant nos amis. En attendant, mon cœur, mon amour va vers vous, mes pensées et mes prières sont avec vous.

 

J’aimerai remercier spécialement de tout mon cœur le CSIA, les organisateurs de cet événement, pour l’occasion qui m’a été de m’adresser à vous ce soir.

 

Votre frère, dans l’esprit de " Crazy Horse ",

 

Léonard PELTIER "

POUR INFO : Début décembre ou vers janvier Léonard PELTIER
devra passer devant le bureau des libérations conditionnelles fédérale.
Demande arbitrairement rejeter en 1993


Présence dans la salle de José MORALES (représentant MAYA) qui a soutenu Léonard PELTIER lors de marche et courses et qui a porté la voix des Mayas aux Nations Unis.

 

(Edith) : Esperanza est journaliste photographe colombienne, réfugiée politique au Canada depuis plusieurs années. Travaillant avec les médias et Kenneth DEER, c’est par l’intermédiaire de la délégation Mohawk, qu’eut lieu notre rencontre. Elle a appris l’anglais et le français, c’est pourquoi elle souhaiterait témoigner dans notre langue sur -ce sont ses propres termes- le génocide des peuples autochtones en Colombie.

LES EXPOSITIONS PHOTOS DE LA JOURNEE

 « IGUALES PORQUE SOMOS DIFERENTS"
Exposition par Eduardo Inclan

 exposition : « sur Pine  Ridge »
par Sophie Gerbaud

 « En suivant la trace du mythe des 84 communautés
indigènes en Colombie
 »
Par Esperanza Sanchez Espitia.

 

 

ESPERANZA SANCHEZ ESPITIA
(Colombie)

 

Bonjour

 

Je suis très contente de pouvoir m’adresser à vous en français. Le plus important est déjà de tous vous remercier de votre présence. Je suis convaincue que seules, les campagnes de sensibilisation, auprès de personnes comme vous, capables de partager, nous permettront de lutter contre les injustices.

 

En Colombie, nous avons 84 communautés autochtones, parlant 64 langues différentes. La situation critique de notre pays est connue partout, à cause de la guérilla et des para militaires. Il est difficile de reconnaître que dans la communauté indigène, personne n’ose parler. Même au gouvernement, ils sont une minorité à dénoncer les problèmes, c’est le côté sombre de la Colombie, celle qui a refusé de signer la déclaration des peuples autochtones, acte, à mon sens, discriminatoire !

 

Aujourd’hui, mon souhait serait de voir les peuples autochtones Colombiens, sortir du pays pour informer la communauté internationale sur leur conditions de vie, peu d’informations existent à ce sujet.

 

Je vois qu’ici, la solidarité est réelle. C’est la raison pour laquelle, j’ai rassemblé tout mon courage pour venir vous parler. J’ai exposé mes photos qui donnent un petit aperçu des 84 communautés, elles montrent toute la beauté, la sagesse, de notre peuple. Aujourd’hui enfin, le réchauffement climatique semble pris en considération. L’exposition montre aussi notre habitat proche de la nature, de la vie, malgré les difficultés : le déboisement, la guerre…... Les indigènes sont les premiers gardiens de la planète, en les protégeant, quelque part, on la protège aussi. Il est important d’en prendre conscience. Les multinationales présentes partout sur le continent Latino Américain, exploitent les ressources minières et pétrolières laissant derrière elles la pauvreté, la prostitution, et la désolation. Il est temps d’agir !

 

Auparavant, devant une situation à risque, les indigènes levaient le camp, mais aujourd’hui, le danger est partout. La défense et le respect de la vie nous touche particulièrement, pas seulement pour nous, humains, mais aussi pour les animaux…. Je voudrais finir par une réflexion d’un indigène : "  La terre est comme un animal : quand un animal est malade, au moment de mourir, son corps est pris de convulsions. Les convulsions de la terre, c’est ce que vous appelez les tremblements de terre, les irruptions volcaniques, les tsunami……..cela s’est déjà produit, comme des prédictions !

 

Merci

HELENE ROUX 
du CSPCL
Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en lutte) 

Situation au Chiapas

 

Le Chiapas est en lutte depuis 1994 : soulèvement des zapatistes et solidarité avec les communautés qui, au fil des années, ont pris le chemin de la construction d’une autonomie sur leur terre et leur territoire.

 

La situation actuelle,

 

Le premier fait marquant : l’occupation et la revendication de 750 mille hectares de terre, pour leur gestion. C’est sur celles-ci que ce sont construits les processus d’autonomie et de résistance des communautés indiennes au Chiapas. Malheureusement, s’ensuivit la répression et une contre occupation par l’armée, mais plus grave encore, des exactions des groupes paramilitaires, chargés des sales besognes et soutenus en coulisse par les autorités mexicaines : massacre d’Acteal en 1998 de 45 personnes, assassinat de 8 personnes encore récemment, la liste serait trop longue. Voilà le vrai visage du gouvernement du Mexique.

Il y a une semaine, une communauté a occupé un site archéologique administré par le gouvernement. Elle estimait qu’il était mal géré par celui ci. La réponse du gouvernement fut d’envoyer un détachement de la police fédérale et de l’état, 40 policiers ont pu être désarmés et 77 armes à feu confisquées. En réaction, une centaine de forces de l’ordre sont venus en renfort, en tirant sur tout ce qui bouge, faisant 2 morts et de nombreux blessés, arrêtant un grand nombre de contestataires, et surtout assassinant arbitrairement, à un barrage de police, 3 personnes qui étaient évacuées en urgence vers un hôpital !

 

Les territoires des communautés indiennes sont constamment menacés et malheureusement en proie à des enjeux, impliquant le tourisme et son implantation, ou des décrets instaurant des réserves protégées, convoitées pour être privatisées par des entreprises Nord américaines, mais également européennes. Actuellement, le climat est extrêmement tendu, à cause de l’expropriation de communautés indiennes installées depuis fort longtemps.

 

Je voudrais terminer en invoquant cette crise financière dont tout le monde parle. La terre, le territoire et les ressources naturelles, seront de plus en plus objet de convoitise pour ces capitaux financiers. L’avenir, ce sont ces ressources naturelles, valeur refuge quand l’argent vient à manquer. Il faut donc réfléchir à des mécanismes de solidarité en rapport avec la construction de l’autonomie, comme le développement durable, la gestion par les peuples premiers et non pas par les entreprises multinationales.

 

Merci

Projection d'un film sur la Bolivie
"humiliés et offensés"

Solange BEHOTEGUY 
de l'ambassade de Bolivie

J’ai toujours envie de pleurer, même en ayant visionné plusieurs fois ce film. Il est révoltant, choquant et irrationnel de voir encore autant de haine et de racisme au 21ème siècle !

 

Ce " seul " documentaire a été réalisé par un directeur de théâtre. Il n’est certainement pas anodin que ce soit une personne de l’art qui l’ait réalisé, et non un journaliste, car où étaient ils à ce moment précis ? ? ?

 

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Bolivie, il faut remonter très loin, avant la colonisation. Je vais donc essayer de faire court .

 

Tous les mouvements sociaux, les revendications, les luttes qui ont menés Evo MORALES à la présidence en 2005, font partie de la mémoire des peuples indiens. Après la colonisation au XVIème siècle vint l’indépendance, une première constitution et une politique de l’état en 1825 n’incluant pas les indiens. Il faut savoir que la Bolivie est un pays qui fait le double de celui de la France, avec 9 millions d’habitants et plus de 60% d’indiens considérés comme des minorités avant l’arrivée d’Evo Morales. Il y eut ensuite une longue période de dictature, un retour à la démocratie, puis une instauration très agressive du néo libéralisme avec des gouvernements qui se succédèrent dont quelques familles se partageaient le pouvoir. Le peuple n’était jamais représenté.

 

A partir de l’année 2000, alors que les mouvements sociaux (syndicats, femmes au foyer, les comités, les quartiers…) commençaient à se structurer, une petite frange de la population s’est battue pour l’eau. Cette période est un moment clé pour comprendre la situation de la Bolivie . " Nous en avons marre " d’être appelé un " petit pays ", d’être commandé par les Etats Unis, les institutions, la banque mondiale….Ce premier combat a été le déclencheur nous encourageant à poursuivre !

 

La lutte s’est concrétisée et matérialisée au travers des élections présidentielles de 2002. A la surprise des divers partis politiques, Evo MORALES est arrivé en 2ème position avec 40% de représentants indiens au parlement. C’était la première fois qu’ils pouvaient y siéger, parler et être traduits dans leurs propres langues. En Bolivie, nous avons 34 ethnies, beaucoup de langues différentes et une richesse culturelle importante.

 

En 2003, retour en arrière : encore une fois malheureusement, devint président, un représentant de cette classe privilégiant d’abord leurs propres intérêts. Des révoltes importantes virent le jour à cette époque, comme " la guerre du gaz " plus particulièrement en février, et octobre : le gouvernement, sous la pression des Etats Unis, et des nombreux intérêts en jeu, voulait " discrètement " exporter du gaz. Je ne vais pas développer cet exemple, je l’utilise juste pour illustrer le mouvement de révolte de 2002, celui-ci ne faisant que s’amplifier. Beaucoup plus grave, le gouvernement a fait massacrer 80 personnes. Aucune condamnation ne fut requise, lors d’une parodie de procès envers le président Gonzalo Sanchez de Lozada….pire, celui ci partit se réfugier à Washington aux Etats-Unis, dans un pays dont les autorités se s ‘opposèrent absolument pas à son accueil !

 

En 2005 avec les nouvelles élections, Evo MORALES devint le premier président indien avec 54% de votes au 1er tour. Ce fut un événement historique, salué par une grande couverture médiatique de la presse mondiale, relayant les réactions internationales, unanimement séduites par cette image d’un " président indien " . Les choses ont beaucoup changées aujourd’hui, on peut le constater dans la presse française,

 

La 1ère mesure du Président MORALES fut de nationaliser les hydrocarbures, puis vint la création d’une nouvelle assemblée constitutive, la refonte du pays par la reconnaissance de l’autonomie des indiens, la nationalisation des ressources naturelles, pillées depuis la colonisation par les espagnols, puis les multinationales sous la bienveillance des Etats Unis, au profit d’une dizaine de familles en Bolivie encore propriétaires d’énormes terrains !

 

La nationalisation se fit rapidement après l’élection, coupant l’herbe sous le pied à une opposition mal organisée. Cette opposition réagit, en revanche, de la pire des manières, lors de la constitution de la nouvelle assemblée, conduisant à un nouveau massacre de 16 personnes, ironie du sort, un certain 11 septembre. Le pouvoir économique est tenu par une minorité, propriétaire des médias, exception faite d’une petite presse alternative malheureusement trop peu influente.

 

Ensuite se créa toute une alliance " la Média Luna " représentant une partie de l’orient du pays qui comprend les départements de Santa Cruz, Pando et Tarija, quelques comités constitués par les préfets des villes opposantes, des bras armés, des élites, en particulier des jeunes manipulés qui véhiculent le racisme. Les évènements sur le documentaire ont eu lieu dans la ville de " Sucre "

 

" Sucre " est la capitale historique de la Bolivie, et " La Paz " siège du gouvernement. Dans l’histoire du pays, " Sucre " a plusieurs fois revendiqué son souhait d’être l’unique et seule capitale, sans toutefois y croire vraiment. Il est vrai que la capitale historique n’a pas non plus vocation à devenir également capitale administrative.

 

Je suis perplexe devant les évènements tragiques récents…..beaucoup de choses changent actuellement en Bolivie, ceci expliquant peut être cela, les indiens se font humilier simplement par qu’ils SONT indiens. Une personne se revendiquant du " MAS ", est automatiquement " suspecte ", le " MAS " étant le mouvement créé par le peuple et tendant au socialisme, celui qui a conduit Evo MORALES à la présidence. Le groupe minoritaire fasciste existant, ne supporte pas d’être gouverné par un indien, de perdre son argent, les terres, il ne supporte pas davantage, que la nouvelle constitution inclue les indiens, décision à leurs yeux " anti naturelle ". La violence est donc terrible comme vous avez pu le constater. Nous essayons d’être positifs et ouverts au dialogue, mais ces gens ne veulent rien savoir, seul le pouvoir et le mercantilisme les intéresse !

 

Merci

 

(sylvain)
Merci Solange pour cette intervention, on voit qu’il y a encore beaucoup de travail pour que la démocratie, la liberté et la justice sociale puissent continuer d’exister. J’espère que la solidarité internationale va se mobiliser pour soutenir le gouvernement d’Evo MORALES.

Un comité de solidarité pour la Bolivie s’est créé : un rassemblement à Paris a déjà eu lieu, il y a quelques semaines, dont le CSIA et " France Amérique latine " faisait partie…. Il est important, si vous voulez aider la Bolivie, de vous mobiliser !

 

C’est stupéfiant de voir que des changements démocratiques puissent être freinés par une minorité fasciste et raciste.

 

Encore merci.

Edith 

Je voudrais remercier tout le monde sans oublier personne.

  •  

  • MERCI à nos délégués, frères et sœurs amérindiens qui ont accepté notre invitation,
  • A vous, d’être ici, présents avec nous
  • A tous ceux qui travaillent dans l’ombre avec nous depuis tant d’années, cette journée ne pourrait avoir lieu sans leur dévouement
  • Merci au groupe Machka,
  • A Edouardo et Esperanza pour leur exposition de photos vraiment magnifique,
  • Aux techniciens qui ont permis que cette journée ait lieu dans de bonnes conditions,
  • Merci à la ville de Bobigny, à Mme le Maire et la mairie en général……depuis toujours, la municipalité soutient la cause de Léonard PELTIER et nous accueille gratuitement,
  • A Danielle Faure la fondatrice du CSIA,
  • A Héléna d’incomindios une association sœur, avec nous depuis les années 70
  • A nos enfants à tous,
  • A Léonard PELTIER toujours combatif du fond de sa cellule
  • Merci à tous les membres des communautés autochtones qui se battent non seulement pour leur survie mais pour nous tous,
  • Au Ciel, à la Terre, à la création

Après 30 ans, nous avons besoin de changement, d’une sorte de renaissance dans nos propres modes de fonctionnement, et de repartir sur des bases meilleures. Vous imaginez bien que tout ne se passe pas sans conflit, qu’il faut se rassembler, nous ne sommes peut être pas toujours aussi unis que nous devrions l’être.

 

Rejoignez nous encore plus activement pour continuer dans nos actions

 

ENCORE MERCI

groupe de musique
MACHKA
recommandé par l'ambassadrice de Bolivie
Luzmila CARPIO, qui n'a pas pu être là ce soir mais qui est de tout coeur avec nous.

 

REPORTAGE DE   

Par Patricia - Publié dans : Conférences - Reportages
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 02:10
 

 

fin de semaine de la culture 29 et 30 septembre 2008

VIE AMERINDIENNE A OKA

L’ occupation préhistorique :

 

Les terres de la vallée de l’Outaouais ont été fréquentées bien avant l’arrivée des colons français. Des fouilles archéologiques réalisées sur les rives du parc provincial d’Oka révèleraient une occupation une occupation humaine qui remonterait à la période archaïque. Cette période s’étend de 5000 à 1000 ans avant J.C.

 

Des artéfacts constitués d’outils et de tessons de céramique ont été trouvés sur le site et témoignent d’une occupation sporadique. En effet, Oka est visité à différentes époques du sylvicole, période caractérisée par le début de l’agriculture et de la production de céramique qui date de 1000 an avant J.C. jusqu’à 1600 après J.C. Ce site est plus particulièrement fréquenté à la période sylvicole moyenne, soit de l’an 400 avant J.C. à l’an 1000 après J.C.

 

La plage d’Oka est périodiquement habitée par des peuples nomades. Afin de survivre, ils se déplacent, suivant leurs besoins et les saisons, à l’intérieur d’un territoire bien défini. A la croisée des rivières Outaouais, du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des prairies et de la rivière des mille Iles. Le site profite d’une position géographique avantageuse. En effet puisque les cours d’eau sont les principales voies de transport, l’emplacement choisi est passablement fréquenté. La population y séjourne pour un ou deux mois, le temps de profiter de la faune abondante et de la flore diversifiée et repart ensuite vers un autre site.



 

 

 

L’occupation historique :

 

A l’arrivée des français, au XVIème siècle, la région du lac des Deux Montagnes est principalement habitée par un peuple au mode de vie nomade : les Algonquins. Ces derniers, vivant en équilibre avec la nature, se nourrissent des produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette pendant l’été. l’hiver venu, ils s’alimentent de la pêche et de la chasse au gros gibier.

 

 

Avec les français survient un nouveau commerce : la traite des fourrures. Les Amérindiens venus du Nord par la rivière des Outaouais, se dirigent vers les postes de traites de Montréal et de Québec. Des Nipissingues et des Hurons, en plus des Algonquins, composent désormais la population de passage de la région.

 

De 1600 à 1701, ce nouveau commerce sera malheureusement à l’origine d’une période de guerres entre les peuples Amérindiens. Des rivalités commerciales concernant la traite des fourrures sont les principales causes de conflits. Les Algonquins ayant été chassés de leurs territoires ancestraux par les Iroquois, ce sont ces derniers qui peuplent maintenant la région. Contrairement aux Algonquins, ils sont sédentaires et cultivent la terre. Ils ne changent d’emplacement que pour éviter l’épuisement du sol par une culture abusive.

 

Et par la suite…

 

En 1721, la population amérindienne à Oka devient permanente avec l’arrivée de la mission des prêtres de Saint-Sulpice. En l’année 1733, on dénombre 560 Amérindiens composés en majorité d’Iroquois, de Hurons, d’Algonquins et de Nipissingues. Ce n’est qu’à partir de 1780 que les Sulpiciens commencent à concéder des terres aux blancs. En 1825, Oka comptait 907 âmes, dont 741 Amérindiens et 166 blancs.

 

La question du droit de propriété est à l’origine de plusieurs litiges. En effet les Amérindiens désirent être reconnus propriétaires des terres qu’ils habitent sur la seigneurie du Séminaire, mais les Sulpiciens affirment que tout leur appartient. C’est ainsi que commence une série d’altercations et de procès. A la déception des Amérindiens, les tribunaux déclarent que les prêtres de Saint-Sulpice sont les uniques propriétaires de tous les terrains et bâtiments de la missions. Les Amérindiens peuvent donc utiliser ces terres, mais ils n’ont aucun droit de propriété.

 

A la suite de ces problèmes, le gouvernement canadiens achètent des territoires pour les Amérindiens et fonde les réserves. Les Amérindiens d’Oka sont alors invités à y emménager. C’est ainsi qu’en 1869, la plupart des Algonquins s’installent dans la réserve de Maniwaki et qu’en 1883, vingt-trois familles iroquoises quittent Oka pour Gibson en Ontario.

 

Aujourd’hui, Oka compte environ 600 iroquois, tous des Mohawks, installés en majorité à Kanasatake, à l’extrémité ouest du village. Kanasatake n’est pas une réserve mais plutôt un territoire autochtone fédéral. Les Amérindiens qui y vivent, possèdent les mêmes droits et protections que les autres peuples autochtones du Canada vivant sur des réserves.

 

 

LA PINEDE D’OKA

 

 

Elément caractéristique du paysage contemporain d’Oka, la pinède qui trône au nord du village témoigne de l’adaptation des habitants de la région face aux changements de leur milieu. Du haut de leurs cimes plus que centenaires, solidement ancrés dans le sol de l’ancienne commune, les grands pins blancs veillent sur un village qu’ils ont sauvé de la destruction.

 

La commune

 

La commune était un vaste terrain situé au nord des villages Amérindiens d’Oka, là où se trouve aujourd’hui la pinède. On sait qu’elle existe depuis au moins 1780. Elle est divisé en deux parties, la petite et la grande commune. On les exploite tout au long du XIXème siècle pour le bois de chauffage et de construction.

 

Une fois déboisées, on utilise les terres de la commune, impropres à l’agriculture, pour le pacage des chevaux et des bovins. Les Sulpiciens instaurent un système de redevances pour quiconque vient faire paître ses bêtes. D’abord exploitée par les fermiers Amérindiens, la commune est progressivement utilisée par les cultivateurs blancs qui arrivent dans la seigneurie dans la deuxième moitié du XIXème siècle. L’usage des communes est une pratique courante sous le régime français.

 

Une catastrophe se prépare

 

Toutefois à cause du surpâturage et de la déforestation intense, les villageois d’Oka assistent impuissants à une rapide détérioration de leur commune. En effet, les animaux ont vite fait d’éliminer la mince couche de végétation qui recouvre son sol. Ainsi mis à nu, devenant instable sous l’effet combiné des éléments, le sable de la commune envahit périodiquement le village durant les années 1870 et 1880. On apprend ainsi qu’en 1886, le temps d’une seule nuit, une partie du village est enseveli par une avalanche de sable de 30 mètres de largeur par 12 mètres de longueur. On raconte même que des clôtures hautes comme un homme disparaissent sous le sable et qu’une maison est enchaussée jusqu’au second étage.

 

Des ingénieurs dépêchés sur les lieux recommandent que l’on déménage le village quelques kilomètres à l’est. Mais le curé d’Oka, Joseph-Daniel Lefebvre (1829-1915), témoins de grandes reforestations durant ses études en France, choisit plutôt de planter une grande forêt de conifères sur la commune pour y stabiliser les sols. En 1886, la pinède d’Oka devient ainsi la première tentative de reboisement à grande échelle au Québec. Le pin blanc est surtout planté en rangées utilisé pour le sol incliné. Mis en terre de façon plus aléatoire, le pin rouge et la pruche sont davantage utilisés en terrain plat. Le curé Lefebvre sème aussi " quelque cent poches de grains et étend de la paille d’avoine, d’orge et de sarrasin, pour retenir les sables en place. "

 

Une chronique de l’époque nous apprend que les habitants du village, blancs et amérindiens, " allaient sur les montagnes, dans les savanes, au fond des bois, sur les bords des lacs, déterrés de jeunes sapins " pour les rapporter à Oka. Les Sulpiciens offrent deux centins et demi par arbre. La reforestation de la commune demande plus d’une vingtaine d’années d’efforts et la transplantation de près de 100 000 arbrisseaux.

 

Les Sulpiciens doivent aussi veiller à l’entretien des jeunes plants. Le gros du travail est confié à deux Amérindiens d’Oka. Ainsi près de 80% des 70 000 plantés en rangée sont arrachés entre 1900 et 1920 pour laisser plus de place et de lumière aux arbres les plus vigoureux. Le sol de la commune est enfin stabilisé vers les années 1920. En tout, une superficie de 15,5 kilomètres carrés sera couverte par le reboisement.

 

L’exemple d’Oka

 

L’effort de reboisement entrepris à Oka, un symbole de l’esprit avant-gardiste des élites du village et des Sulpiciens en matière de gestion de l’environnement ", servira d’exemple au reste de la province. Ainsi on s’inspire de cette technique pour stabiliser des dunes de sable situées dans les régions de Lachute, Saint-Jérôme et Berthierville. Aujourd’hui, la pinède d’Oka demeure l’une des plus vieilles forêts de bois mou plantée par main d’homme en Amérique du Nord. Malgré quelques accrocs subis tout au long du XXème siècle, elle demeure encore aujourd’hui une preuve majestueuse de la volonté et de la ténacité des habitants d’Oka.

 

Michel F. Girard, Etude historique sur la forêt du village d’Oka, 1990 page 9 - 11







 

Nos deux reporters Louise et Gilles

 

 

 

Par Patricia - Publié dans : Conférences - Reportages
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 02:07

Le 5 et 6 juillet 2008

 

Le 19 juin 2008, la conférence de presse nous dévoilait la programmation complète de la neuvième édition du rendez-vous des coureurs des bois dans le secteur de Pointe du Lac. Les animations de cette année, étaient donc axées sur la thématique " les habits traditionnels de la Nouvelle-France "

 

 

Karine Perreault, coordinatrice de cet événement, insuffle son énergie à tous, afin que ces journées se passent au mieux pour tous les intervenants.



L’événement offre une multitude d’activités qui permettent d’apprendre sur l’histoire des coureurs des bois à l’époque de la Nouvelle-France de façon interactive.

Pendant ces deux journées se sont déroulés, des reconstitutions historiques, des échanges de fourrures entre les français et les sauvages (terme de l’époque), des démonstrations militaires du XIII siècle, des contes, légendes, ateliers de bricolage pour enfants et plusieurs autres activités pour tous les groupes d’âge…

 

La veille du 5 juillet, des groupes scolaires se sont succédés dans le parc à la recherche du passé. Ce sont les meilleurs professeurs qu’ils puissent trouver, des passionnés d’histoire, ils se retrouvent plongés dans l’atmosphère et l’ambiance de l’époque, " mieux " que sur les bancs de l’école, ils parcourent les ateliers, et découvrent les mœurs et coutumes de leurs ancêtres.

 



 

Interview de Gilles ROBERGE Président de l'oeil autochtone

 

Patricia : Qu’as tu pensé des groupes avec lesquels tu travailles ?

 

Gilles : Les groupes avec lesquels nous travaillons sont constitués de personnes passionnées par l’histoire. Elles racontent notre passé, car quelque part, ce que nous avons appris à l’école n’est pas vraiment la vérité.

 

Là, nous montrons les échanges qui se faisaient à l’époque, les discordes qui existaient entre les premières nations et les blancs, les réconciliations après les différents traités établis…

 

Il faut bien voir aussi qu’il faut être passionné d’histoire pour faire ce que l’on fait. Tout le monde ne la connaît pas et il faut mettre le nez dans les livres comme on dit, se documenter. Cette façon de narrer est beaucoup plus ludique et intéressante, que lorsqu’on l’apprend à l’école, les vérités sortent.

 

Tant bien que mal, on essaye de se retrouver pendant les mois d’été, car il y a une demande pour les reconstitutions, beaucoup de personnes veulent savoir ce qui s’est vraiment passé.

 

Et " nous, nous sommes une gagne de chums, on a bien du fun ensemble ", nous nous rencontrons toutes les années à Pointe du lac, fort ….., terre bonne, le bas de Québec, dans des places avec des châteaux, où il y avait des seigneurs. Nous choisissons où nous voulons nous déplacer pour faire revivre l’histoire.

 

Patricia : Qu’as tu pensé des groupes scolaires ?

 

Gilles : à l’école, les professeurs donnent les infos et c’est un atout pour nous de leur faire connaître les premières nations, de leur faire découvrir ce qu’il apprendront certainement plus tard, l’histoire canadienne. C’est la génération montante, et quand tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sais pas où tu t’en vas ! ! Ce qui est bien c’est que l’on peut s’exprimer à notre façon avec notre langage, sans déroger à l’histoire, si l’on dit qu’à l’époque un sauvage est un sauvage et non un autochtone, c’est une bonne chose, c’est un apprentissage pour les enfants qui est intéressant.

 

Patricia : Changes-tu ta façon de parler suivant l’âge des enfants ?

 

Gilles : Pas nécessairement, on leur parle comme à des enfants, cela ne sert à rien de sortir des mots compliqués. Il faut bien leur faire comprendre les choses, comme par exemple " tomahawk " qui est en réalité un casse-tête car anglicisé. Bien évidemment , il y a des choses qui faut dire et d’autres à ne pas dire à des enfants. On peut parler des riguilias que portaient les sauvages, ainsi que les armées françaises et britanniques, ce sont les uniformes. Pour les sauvages c’était plutôt du cuir, sinon du " matériel " pour les autres, des habits d’époque. Quand les blancs sont arrivés en terre d’Amérique, ils ont apportés également le fer, et on a commencé à le travailler, en faire des couteaux, des haches.. C’est comme un poste de traite, on échangeait des peaux pour avoir des chaudrons, des fusils, de la poudre… c’est l’évolution du temps.

 

Patricia : Arrives-tu à passer le message pour les générations futures ?

 

Gilles : Le message a passer n’est pas si compliqué, comme je disais, si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sais pas où tu vas ! Que les 1ères nations se prennent en main, c’est une chose, et ce sont des personnes comme nous qui transmettons l’éducation et la parole. Il faut que tout le monde travaille la main dans la main, il y a eu des ceintures de wampum faites dans les années 1600 – 1700, il faut les continuer, respecter les traités et ce n’est pas toujours le cas. Les 1ères nations qui se battent aujourd’hui pour avoir un coin de territoire, c’est une chose qu’il faut prendre en considération, les gouvernements nous on attribué des territoires de plus en plus restreints, une façon polie de nous inciter à nous intégrer à la population blanche. Je n’ai rien contre, j’ai été élevé parmi elle, sauf que quelque part, les territoires qui nous ont été donnés à l’époque devraient nous être rendus en l’état, histoire de respecter les traités signés, et de là à continuer à ignorer des populations en les laissant de côté, je pense que ce n’est pas la meilleure chose. Les gouvernements doivent se prendre en main, et nous considérer comme une population, un peuple, une nation à part entière. Nous devons nous entraider, et ne pas tirer chacun la couverture, sinon nous n’arriverons à rien de positif.

 

Patricia : Les enfants sont-ils intéressés par ce que tu racontes ?

 

Gilles : Les enfants sont intéressés, mais cela dépend des groupes d’âges. Des jeunes un peu après le niveau maternel, sont plus ou moins attentifs et le fait de voir, de toucher les objet que l’on possède les rend plus conscients. Un enfant dans le fond, c’est l’innocence, et il va à la découverte de l’histoire, il est plus touché lorsqu’il vient des classes de 5 et 6ème. L’histoire autochtone et du Canada est apprise au secondaire, donc quelques élèves écoutent, mais pas tous.

 

Patricia : Qu’est ce qui est le plus intéressant pour toi, de t’adresser à des enfants ou des adultes ?

 

Gilles : Les enfants, c’est plaisant car ils sont attentifs, plus attentifs à partir de la 5ème année. En dessous ce sont des jeunes qui bougent, ils posent des questions, parfois il faut que tu lises entre les lignes, et il reste quand même qu’un enfant est plus intelligent que l’on pense.

 

Les adultes sont intéressants, bien que parfois certains posent des questions beaucoup moins subtiles que celles des enfants. Il y en a qui vont tourner autour du sujet au lieu d’aller directement au but, et ils arrêtent quand ils voient qu’ils n’obtiennent qu’une même réponse. D’autres pensent que tu ne connais pas ta culture et il faut presque deviner les questions qu’ils vont poser. Tu dois pouvoir argumenter en aillant suffisamment de connaissances, tu ne peux pas répondre n’importe quoi. Quand ils viennent en te demandant de quelle tribu tu es, là il faut bien expliquer que ce terme n’existe pas, c’est une " nation ". Quand les blancs sont arrivés en terre d’Amérique, ils parlaient de " tribu " et de " réserve ". Nous ne sommes pas dans des réserves mais une communauté, et là nous avons du souci à leur faire comprendre que nous ne sommes pas des loups, des coyotes….. Vous dites la communauté latino, haïtienne, noire, donc nous sommes, nous aussi une communauté….autochtone. Le mot " réserve " devrait être banni complètement, je n’ai jamais été

 

capable de l’accepter, je n’ai pas l’air d’un animal, je suis un humain au même titre que tout le monde, j’ai du sang comme les autres et quand je me pince, je crie.

 

Patricia : Quelle pourrait être ta conclusion ?

 

Gilles : En fait, je tiens à remercier Patricia qui est venue passer un mois avec nous, cela a été pour elle, je pense une bonne expérience de voir comment vivaient ses ancêtres qui sont probablement venus au Canada. Cela fait plaisir, elle a rencontré des personnes, tout c’est bien passé, et j’espère que dans deux ans ce sera à notre tour de venir en Europe.

 

Patricia : Bon, et bien moi, ma conclusion sera la suivante : et bien oui, j’ai passé de grands moments, c’était une merveilleuse expérience et je veux que le projet d’un voyage " retour " en Europe dans deux ans pour parler de leur culture, aboutisse.

 

Les coureurs des bois

En

NOUVELLE-FRANCE, les coureurs de bois sont des commerçants de fourrures itinérants non autorisés appelés " wood-runners " par les Anglais de la baie d'Hudson et " bush-lopers " par les Anglais et Hollandais d'Albany (New York). Peu de colons français s'aventurent à l'ouest de la rivière des Outaouais avant le milieu des années 1660, au moment où la chute soudaine du prix du castor, l'arrivée de quelque 3000 engagés et soldats et la paix avec les Iroquois, rendent de telles expéditions nécessaires et réalisables.

Dès 1680, et en dépit des interdictions lancées à la fois par l'Église et les autorités coloniales, quelque 500 coureurs de bois fréquentent déjà la région du lac Supérieur dans le but de devancer les intermédiaires autochtones. Par conséquent, le nombre d'Amérindiens qui livrent leurs fourrures à Montréal et à Trois-Rivières diminue, ce qui force les marchands de la colonie à engager des coureurs de bois afin de permettre la poursuite des affaires.

Afin de contrôler cet exode saisonnier vers l'arrière-pays, les autorités finissent par octroyer des permis, créant une classe de

VOYAGEURS professionnels " respectables ", généralement attachés à des postes particuliers de l'intérieur. Mais les commerçants illégaux demeurent, devenant les principaux porteurs du nom " coureurs de bois " quand la Nouvelle-Orléans devient un nouveau centre de traite des fourrures au XVIIIe siècle. Les coureurs de bois autonomes ont joué un rôle important dans l'exploration européenne du continent et dans l'établissement de liens commerciaux avec les Amérindiens.

Auteur TOM WIEN (encyclopédie canadienne)

 

 

Petits faits historiques

 

Poste de traite Radisson

Beau-frère de Desgroseilliers, on les considère tous les deux, comme les découvreurs de la baie d’Hudson. Suite à la saisie de leurs peaux de castor par des fonctionnaires et après le recours en justice infructueux, ils décident de partir pour la nouvelle Angleterre. Ils forment une société en 1670 que l’on connaît depuis sous le nom de Hudson’s Bay Compagny. HBC est donc le plus ancien détaillant de marchandises générales diversifiées au Canada.

 

Place Antoine Gauthier
Le coureur des bois s’est fait ordonner par les américains de les conduire à 3 rivières pour prendre d’assaut les français. Antoine Gauthier a envoyé sa femme prévenir la milice de 3 rivières pendant que lui embarquait les américains sur des détours. Ces derniers furent donc victimes d’une embuscade qui se déroula dans la fameuse côte des deux fesses (côte Plouffe)

Fort des 3 rivières

 

Champ de mars

 

C’est l’endroit où s’entraîne les miliciens pour les manœuvres militaires. Ce lieu est habituellement situé près d’une chapelle ou d’une église comme c’est le cas ici et bien évidemment près d’une auberge, afin que les hommes puissent prendre des rafraîchissement après l’entraînement.

Auberge Jeanne Enard

 

Cette dame était la belle-mère de Pierre Boucher, gouverneur de 3 rivières. Elle fut accusée de trafic d’eau de vie avec les amérindiens et de tenir une maison de débauche dans son auberge située au Cap de la Madeleine. Sa fonction obligeant Pierre Boucher à la juger, il préféra donner sa démission et partit pour Boucherville.

Place de Tonnancour

 

Godefroy de Tonnancour fut seigneur de Pointe du Lac. Propriétaire du moulin de Tonnancour et colonel de milice en 1775. Il chercha a vaincre la volonté de neutralité des habitants de 3 rivières, et tenta d’établir un village pour indiens errants.


 

1er poste de traite

Arrivée des coureurs des bois et des sauvages en canoë.



 

Pour une communication plus claire, il était très fréquent d’utiliser un " truchement ". Le truchement n’était ni plus ni moins qu’un traducteur des divers langages, donc ici, amérindiens et français. Il n’était pas rare que le Truchement prenne une commission sur le commerce des fourrures. Si on partait sur 5 fourrures, il demandait aux sauvages 6 fourrures, il s’en gardait une qu’il revendait plus tard aux français.

En ce moment le chef amérindien discute avec son truchement afin de remettre ce que l’on appelle des wampums.

Le wampum est un collier ou ceinture amérindienne faite pour afficher l’alliance avec une nation, on pourrait l’apparenter à une carte de visite, ou si vous préférez une sorte de passeport. Plus on en remet, et plus le lien que l’on veut créer avec les seigneurs est important. Ici, on va voir si l’on est apprécié par nos chefs amérindiens suivant la quantité de wampums qu’on voudra bien nous offrir. Habituellement cela va de deux à quatre. Et lors de la cérémonie de la grande paix en 1701, les chefs Mohawk remettront jusqu’à 8 wampums et 6 seront remis par le gouvernement français aux chefs Mohawk.


Une cérémonie de ce type pouvait s’étendre sur plusieurs jours, normalement le chef amérindien donnait le wampum, le chef français prenait le temps de réfléchir puis leur répondait. Cela pouvait s’étendre sur 1 ou 2 journée selon les demandes.

Les amérindiens voudront obtenir beaucoup des français, mais essayeront de faire de même avec les anglais. Ils resteront du côté des plus offrants pour les prochaines batailles.

Suite à cet échange qui s’est avéré concluant, les deux nations, française et amérindienne, devraient faire une petite cérémonie d’échange de wampum et d’alliance pour affilier leur nouvelle entente. Nous allons procéder par un feu de joie pour la célébrer.

 

Nous allons laisser la parole à Mr Michel Veillette représentant de la ville de 3 rivières


 

" Je vous remercie de votre présence, c’était apprécié. J’ai appris une chose aujourd’hui c’est que le capitalisme existe depuis longtemps. Merci beaucoup et bonne journée. Demain aussi, d’autres activités seront au programme, entres autres, la messe de Mr le curé. Je vous remercie chaleureusement ? c’est grâce à des gens comme vous que nous avons le courage de continuer à faire grossir ce festival. Merci "

 

2ème poste de traite

Vous allez assister comme si vous y étiez à un échange, à un poste de traite, entre sauvages (terme de l’époque) et français. Tous les intervenants sont passionnés d’histoire. Aucun d’eux n’est acteur de théâtre, et à part une trame de départ et quelques bases pour l’évolution de ce jeu de rôles, il n’y a que de l’improvisation. C’est un petit chef d’œuvre ; certains des personnages comme le lieutenant va aller de surprise en surprise, car il ne sait pas ce que lui ont concocté les sauvages.

Et sans plus attendre, plongeons nous en 1750

Les personnages

Le lieutenant : Mathieu LALONDE
Truchement : Claude MARTIN
Laclé : André CHARTIER 
La captive :
France MARTIN
Les sauvages : Gilles ROBERGE (Algonquin - mik'maq), Jacques BLOUIN (mik'maq), Rita VALIERE (abenakis), Larry BELANGER (malecite), Serge GRENIER (algonquin)

Le lieutenant

 : Faites place aux soldats de sa majesté !
Soldats halte !
Soldats à droite !
Reposez vous sur le fusil !

 



Truchement

 : Lieutenant, ils sont près et vous accueillent dans leur demeure pour la traite.

 

Le lieutenant

 : Quel est cette argenterie et ces pacotilles ?

 

Truchement

 : Mon lieutenant , je les ai offert en signe de gage et de fraternité

 

Le lieutenant

 : Fort bien ! Ma chaise, où est ma chaise ?

Ha ! madame vous serez aux premières loges.

Je suis le chevalier De JOBERT, lieutenant au régiment de Béarn, gentilhomme à la cour de Navarre.

Messieurs je vous salue.

Pouvons nous commencer cette traite ?

 

Truchement

 : C’est bon Monsieur le Lieutenant ils sont prêts

 

Le lieutenant

 : Allons y !

Voici, chers frères, en conformité avec les arrangements pris hier, les diverses marchandises que nous vous apportons aujourd’hui.
Nous vous avons amené les commodités habituelles qui sauront agrémenter et améliorer votre quotidien.
Voici, cruchons en céramique, porcelaines de Sainte Ange, assiettes, cuillères, bols pour apprêter et consommer votre nourriture, ainsi que du thé d’Orient que vous pourrez boire à votre aise comme breuvage.

Prenez ceci ! En échange, je vous demanderai toutes vos peaux de castor, je vois que vous en avez fort peu.

Est ce que ces termes vous satisfont ?

 

Truchemen

t : Monsieur, ils demandent pour le castor : le thé, une couverte et une hache

Le lieutenant

 : Et bien écoutez, je ne puis me permettre de faire " du sur pièce"

, ni du " sur demande ".

Nous allons échanger, si je puis me proposer de la sorte, espèce par espèce, marchandise par marchandise, cela vous convient-il ?

Truchement, vient ici !

 

Truchement

 : Monsieur

 

Le lieutenant

 : Pour le thé et la céramique, je vous demande les castors. Acceptez vous ces conditions ?

 

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, le grand chef ne veut pas faire espèce par espèce, mais peaux et fourrures contre plusieurs marchandises.

 

Le lieutenant

 : Fort bien ! Donc voici ce dont nous aurons besoin.

Laclé, identifie moi tout ce qui est peau de castor, loutre, ours.

Ours qui servira pour nos couches, le castor pour les chapeaux, s’il y a des hermines pour les manteaux de sa majesté, même chose.

Messieurs avez vous de la loutre ?

 

Laclé

 : Non Monsieur

Trois peaux de castor

 

Le lieutenant

 : Combien d’ours ?
Laclé, Est ce que ce sont des peaux de qualité, à votre avis ?

 

Laclé

 : Oui, ce sont de belles peaux, Monsieur, ce sont même de fort belles peaux.
Combien ?
3 peaux
D’accord, 3 peaux d’ours pour 3 couvertures !

Le lieutenant : Truchement, truchement ! 3 peaux d’ours pour 3 couvertures ?

 

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, ici nous avons une peau de femelle ours qui vaut beaucoup plus cher que les autres peaux de mâle d’ours. Il faut au moins 3 fusils pour la peau de femelle.

 

Le lieutenant : Toi et Lajeunesse je sais que ton fusil t’es très cher, soldat Labrosse amène moi ton fusil je te prie, tu en recevras un nouveau des magasins du Roi à notre retour aux 3 rivières.

Nous aurons vraiment besoin de ces peaux pour le prochain hiver. Les campagnes sont très rudes et nos officiers en ont continuellement besoin.

Puisque Monsieur veut fonctionner par lot, je lui soumet dans ce cas, le castor contre tout ce qui est de métal.

 

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, l’échange pour le chaudron et la bassine contre les peaux de castor. Cela convient-il ?

 

Le lieutenant

 : oui

Laclé, que pouvons nous obtenir en échange des couvertures que nous avons apportés, je ne veux point les rapporter.

 

 

Voici la partie de mon travail que je n’apprécie vraiment pas.
Monsieur que me vaut cette surprise ?

Truchement

 :

Monsieur, il a été trouvé dans les bois une dame française

Le lieutenant

 : Trouvée dans les bois et attachés comme des animaux ! ! ! ! C’est une honte.

Truchement

 : il dit qu’il peut la ramener dans les bois et s’en occuper

Le lieutenant

 : hors de question

Les enfants

 : aidez là ! aidez là ! elle est comme une mère pour nous

Le lieutenant

 : pourquoi nous ramenez vous ces captives ? puis je vous compenser ?

Truchement

 : Que vous reste t-il Monsieur le lieutenant pour ces captives ?

Le lieutenant : Et bien, ceci est inadmissible, il faudra ce qu’il faudra. Si Monsieur veut prouver sa gloire, ce sera par des objets et non par des humains. C’est scandaleux ! Voici des pièces, j’offre de l’argenterie. Je veux les 3 pour ceci. Avec ceci, Monsieur pourra aller à Montreal, aux divers comptoirs et fortifications, il aura gîte, il pourra payer tout ce qu’il veut. Et il ne repartira point avec ces 3 femmes.

La captive

 (en pleure) : Monsieur le marquiiiiiiiiiisss ! ! ! ! ! ! ! j’étais allée cueillir des fraises pour vooouuuuuuusssss et ils m’ont prissssssss.

Truchement

 : il dit qu’il donne les enfants et garde la femme

La captive

 : Monsieur faites pas çàààààààà

Le lieutenant

 : allons, allons petite. Cela conviendrait-il à Monsieur, un excellent fusil français ? ok pour les enfants, les enfants venez ! ! ! Puis je vous proposer mon rosecol

en signe de reconnaissance pour votre grande valeur de guerrier ?

 

La captive

 : Monsieur le marquiiiiiiissssss

Le lieutenant

 : un instant ! Madame pourriez vous, vous occuper de ces petites ? adoptez les, je vous prie. Seriez vous apte à le faire ?

La dame

 : En ma qualité de seigneuresse de la baronnie de Port Neuf et au nom de sa majesté notre bon roi Louis XIV. C’est un honneur pour moi de recueillir ses enfants et de les prendre à mon service. Venez mes enfants.

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, le sauvage voudrait marier la française

La captive : nonnnnnnnnnnnn, nnoooooooooonnnnnn, Monssssiiiiieeeeeurrrrr,

Le lieutenant : Lequel serait prêt à faire ceci ? De quel nation êtes vous Monsieur ?

Truchement

 : Monsieur, il est de la nation des Algonquins

Le lieutenant

 : AAAHHHH ! Algonquin, si ceci puis apaiser nos amis pour sceller cette entente, soit ! ! ! Je suis prêt à faire cette concession malgré le désir de Madame de retourner chez elle.

La captive

 : nnnnoooooooooonnnnnnnn, ne faites pas çà, monsieur le marqquuuuuuuuiiiiisssssssssss ! ! ! ! ! ! je vous ai toujours servi moi, Monssssssssiieeuuuuuuurrrrrrrr

Le lieutenant

 : Moi ? ? ? ? mais vous ne m’avez jamais servi, je ne sais même pas qui vous êtes ?

La captive

 : Je peux vous servir toute ma vie, monsieur, si vous me sauvez !

Le lieutenant

 : Madame, je n’ai malheureusement rien à ajouter, ni à renchérir. Je crois qu’en attendant, ceci serait des plus " accommodant " dois je, heu ….

Truchement : Monsieur, pour prouver votre loyauté envers nos amis, pour leur signifier votre bonne volonté, il voudrait avoir votre grand couteau et votre vareuse.


Le lieutenant

 : mais il existe des soldats morts pour cela ! ! ! En échange de ceci et par souci de loyauté, je voudrais cependant les peaux de renard et de loup. Cela vous convient il ?

La captive

 : moi, monsieur et moi ? ? ? ? ? ?

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, ils veulent un cadeau pour leur prouver votre bonne volonté.

Le lieutenant

 : Et bien les cadeaux ont déjà été faits ! hier nous avons conclu une paix, non ? ? ?

Truchement

 : Mon lieutenant, il dit que c’est moi qui leur ait donné les cadeaux, pour ouvrir la traite, mais pas vous.

Le lieutenant

 : Mais ce sont mes cadeaux tout de même

Truchement

 : non, il dit que vous n’avez rien prouvé

Le lieutenant

 : Et bien, soit ! Voici mon épée, elle m’a été donnée par mon père, ceci dit, voici mon jute au corps que vous pourrez arborer et porter fièrement, j’espère qu’avec pareil artifice vous ne les retournerez jamais point contre des français

 

La captive

 : Monsieur le marquis, monsieur mon lieutenant….

Le lieutenant

 : Ho ! Emportez là ! Cela apaise-t-il vos demandes, soulage-t-il vos exigences

Truchement

 : cela va très bien monsieur

Le lieutenant

 : Puis apporter du moins ces peaux ?

Truchement

 : Il semble y avoir une mésentente.

Le lieutenant

 : Puisqu’il faut traiter avec les diverses nations, qu’il en soit ainsi. Nous avons toute la journée.

Truchement

 : Monsieur le lieutenant

Le lieutenant

 : oui, truchement, oui.

Truchement

 : Votre pot d’eau de vie semble pouvoir les intéresser énormément, monsieur.

Le lieutenant

 : Qui a apporté çà ? ? ?

Lajeunesse

 : C’est le milicien Martin, C’est un soldat de M

ontreal je pense, c’est pour çà

Truchement

 : Ils veulent traiter l’eau de vie contre la peau de loup

Le lieutenant

 : La peau de loup n’a pas été donnée contre le juste au corps et l’épée ? ?

Truchement

 : non, c’est un cadeau, monsieur.

Le lieutenant

 : Et bien, toutes les peaux de loup, toutes les peaux de renard et toutes les peaux de coyote, si coyote il y a ! vous aurez le peu d’eau de vie que j’ai.

Truchement

 : seulement la peau de loup

Le lieutenant

 : Dois je comprendre...
un instant ??
monsieur le marquis de Montcalm s’est clairement opposé, et je suis prêt aujourd’hui à vous offrir cette concession, mais n’abusez point de ma patience. C’est la dernière ration et rasade d’eau de vie que je puis vous donner, c’est tout.

Truchement

 : la peau de loup

La captive

 : Et, moi ? ? ? ?

Le lieutenant

 : Et bien, messieurs, être frigorifié l’hiver prochain, ne point bénéficier de ces pelleteries, que de devoir me soumettre à pareil exigence de votre part.

La captive

 : pis moi ? ? ?

Le lieutenant

 : Et bien, justement

Truchement

 : Monsieur, ils vont aller discuter et prendre une décision.

Le lieutenant

 : Et bien qu’ils discutent, nous avons toute la journée.

 

La captive

 : Pis moi, monsieur

Le lieutenant

 : C’est la française ! !

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, il ramène tout si vous ne leur laissez pas l’eau de vie.

Le lieutenant

 : Ce sera l’eau de vie contre toutes les pelleteries mentionnées. Laclé, combien cela totalise t-il en terme de peaux ? ?Et qu’est ce que ceci, cette petite bestiole rousse, un renard ? Messieurs je m’estime très généreux dans mes offres. Avons nous une entente ? Truchement, avons nous une entente ? Je m’impatiente. J’ai perdu mon épée aujourd’hui je vous le rappelle.

 

La plume instruite :

Une épée vous pouvez vous en payer une autre

 

Le lieutenant

 : Madame, c’est ce que vous croyez, nous sommes au fin fond des bois, il faudrait retourner à Paris encore, çà coûte une véritable fortune. Je suis bien gentilhomme, mais je ne suis point riche.

 

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, ce sera le même discours

 

Le lieutenant

 : Et bien, se sera refusé. Lajeunesse, l’eau de vie, Ramassez, Messieurs je devrais vous saluer.

Truchement

 : un instant, monsieur.

Le lieutenant

 : Ramassez, allez, ramassez

Truchement

 : Monsieur le lieutenant, l’eau de vie : la peau et la fille du chef

Le lieutenant

 : la peau seulement ?

Truchement

 : çà va monsieur le lieutenant ? le loup, la fille du chef que vous pourriez utiliser à votre service.

Le lieutenant

 : D’accord je suis prêt à oublier renards et coyotes si cela puis satisfaire messieurs. Qu’on amène la fille du chef, qu’on l’amène vous l’avez attachée comme un animal.

Sauvage

 : fille du chef


Le lieutenant : Ahhh ! ! ! ! la fille du chef, çà se complique, çà se complique vraiment. Laclé, avec ta sagesse qu’est ce que l’on fait ? ? ? ?

Truchement : Mon lieutenant, il dit qu’elle est très bonne tailleuse.. de pipe

Le lieutenant

 : Et bien moi qui ne fume pas le tabac, refusez pareille offre serait un affront. Votre fille chez madame. Madame !

La dame : oui, monsieur

Le lieutenant

 : Madame, seriez vous prêtes à accueillir, une dame de chef ?

La dame

 : la dame sait elle faire la lessive à l’européenne et parler français ?

Le captive

 : Moi, oui, moi, oui…

Le lieutenant

 : Madame, nous devrons vous compenser forcément pour cette chose

La dame

 : Si ces messieurs acceptent de me donner la jeune dame qui est attachée à la tente je veux bien prendre la jeune sauvage à mon service.

Truchement

 : on me fait comprendre monsieur le lieutenant qu’il ne veut pas remettre la française, elle est meilleure tailleuse de pipe, apparemment


Le lieutenant

 : Et bien, j’accepterai, madame, avec nous. (soupir) Laclé, as tu un peu d’espace à la maison ? Il y a toujours ce banc sur le côté quand on rentre chez vous. D’accord nous prendrons soin de madame. Nous prendrons cependant la peau ici présente, cette immense peau de loup. Ajoutez là aux bagages, Emportez également ceci, remettez les dans les sacs. Nous allons repartir avec. Cela vous convient-il messieurs ?

Truchement

 : Cela va très bien, monsieur le lieutenant. Nous aurons la remise du wampum à la fin

Le lieutenant

 : Fort bien, pouvons nous procéder maintenant ?

La captive

 : Non, vous pouvez pas procéder, pis moi ? ?

Truchement

 : monsieur le lieutenant, c’est un wampum qui signifie un traité de paix avec les français, puisqu’ils ont cessé de faire la paix avec les hollandais.

Le lieutenant

 : Fort bien, j’accepte, je vous remercie, monsieur. Je vous remercie, messieurs de vouloir continuer de faire commerce avec nous, cela me témoigne votre affection pour nous français.

Truchement

 : Nous vous remettons le papier qui signifie que le traité est scellé et que l’entente est conclue.

Le lieutenant

 : Merci, soldats : vive " le roi ", vive " le roi ", vive " le roi "…

La captive

 : Mort pour le roi !


 

Les transactions conclues, il est de coutume de fumer la pipe.

 

Gilles

 : Ce que vous venez de voir, raconte le troc entre les premières nations et les français ou britanniques….Comme vous avez pu le voir, nous avons amené des prisonnières. C’est ce qui se passait à l’époque.Il arrivait souvent que des nations travaillent en partenariat. J’appartiens à la nation Algonquine et Mik’maq, mais il nous arrivait de travailler avec les anglais ou les français, on trichait soit d’un côté, soit de l’autre, pour obtenir satisfaction et essayer d’obtenir par, exemple, des fusils. Dans ce commerce d’échange, les militaires souhaitaient acquérir prioritairement les fourrures. Il existait des ententes signées entre les populations blanches et celles des premières nations.

Maintenant, voici les explications de Mathieu pour le côté français

 

 

Mathieu

 : Les français n’étaient pas très nombreux, l’alliance avec les nations amérindiennes assuraient une bonne entente, et une maîtrise sur les territoires. Pour y parvenir, il convenait d’importer des objets d’Europe pour les nations jusque dans les territoires très reculés, on parle même du Manitoba et du Mississipi. On allait très loin à la rencontre de toutes ces nations afin de tenter de les rallier à nous en les " achetant ". Ceux que vous avez vu aujourd’hui, sont ceux que l’on aurait troqué, de l’argenterie pour les chefs, des marmites de fonte…. Les amérindiens n’avaient pas de métal, il ne l’avaient pas encore découvert, tout comme les fusils que les français espéraient voir utilisés contre les anglais.

 

Voilà c’était l’atelier de trocs

Ces deux reconstitutions historiques vous ont été offertes par l'oeil culturel autochtone et les compagnons de la Nouvelle France

 

UN PEU D'ACTION







RETOUR AU CAMP








 REPORTAGE DE   

Par Patricia - Publié dans : Conférences - Reportages
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 02:05

TERRES EN VUE
Présence autochtone
du 12 au 22 juin 2008
Montreal

Voici la 18ème édition de ce festival qui se tient comme chaque année sur la place Emilie-Gamelin à Montreal.

Des dizaines d’activités se déroulent un peu partout dans la ville.

Chaque année, " Présence autochtone " accueille des artistes et artisans des 1ères nations ,des 3 Amériques, offrant ainsi un programme couvrant le cinéma, la vidéo, ou encore la littérature...







Gilles ROBERGE



Larry BELANGER

Cette année, les invités spéciaux sont des artistes Atayals de l’île de Taïwan.

" Taiwan est l’une des terres les plus industrialisées d’Asie. Mais au-delà des gratte-ciels et de la densité urbaine de Taipei, les Atayals, l’une des six ethnies aborigènes de l’île, vivent dans les régions montagneuses du Hualien. "

Nous voici donc le dernier jour, suivez moi à la découverte de ce festival. En restant sur le site, voilà ce que j’ai pu observer.

LA TROUPE DE DANSE ET DE MUSIQUE
ALNÔBAK






DEMONSTRATION DE DANSES DE POW WOW



JINGLE DANCE 

La légende veut qu’un sorcier cherchant désespérément une façon de guérir sa petite fille très malade, rêva une nuit d’un esprit vêtu d’une robe à clochettes. Ce dernier conseilla au sorcier de confectionner une robe similaire pour sa petite fille. Il précisa que si l’enfant dansait en portant cette robe, le mal serait chassé. Dès son réveil, le grand-père suivant les instructions de l’esprit, se mit à fabriquer la robe en question. On organisa alors, une danse dans la salle des fêtes. Après avoir dansé 4 fois revêtue de la robe, l’enfant recouvra la santé.

Les robes à clochettes sont fabriquées à la main. On utilise des couvercles de boîtes à tabac auxquels on donne une forme triangulaire. Les centaines de clochettes cousues sur la robe de tissu, de velours ou de cuir produisent un merveilleux tintement à chaque pas de danse.


GRASS DANCE ou danse de la prairie

 

Lors de l’installation d’un camp, les jeunes étaient envoyés en reconnaissance, afin d’exécuter cette danse et " préparer " le terrain en aplanissant l’herbe par leurs pas.


CHICKEN DANCE

Le danseur de " chicken dance " doit imiter au maximum l’animal lors de sa parade amoureuse.



LA DANSE DES CERCEAUX

Avant c'était une danse réservée aux hommes


Pour les amérindiens, le pow wow n’est pas simplement un rassemblement social , c’est l’occasion de rendre hommage aux générations passées, et d’aider à transmettre les valeurs culturelles aux plus jeunes.

 

















REPORTAGE DE   


Par Patricia - Publié dans : Conférences - Reportages
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